Pluribus : une révolution bien différente de Breaking Bad

Image d'illustration. PluribusSony Pictures Television / PR-ADN
Après Breaking Bad, Vince Gilligan mise sur le mystère scientifique plutôt que la criminalité.
Tl;dr
- Vince Gilligan abandonne l’univers criminel de Breaking Bad pour un récit centré sur le mystère scientifique dans Pluribus.
- Rhea Seehorn incarne Carol Sturka, un rôle principal qui révèle toute l’étendue de son talent et rompt avec son image passée.
- Pluribus illustre la volonté de Vince Gilligan et Rhea Seehorn de se réinventer, explorant de nouveaux genres et défis créatifs plutôt que de flatter la nostalgie.
Du crime au mystère scientifique
Si le nom de Vince Gilligan évoque immanquablement la saga Breaking Bad, son nouvel opus, Pluribus, tranche radicalement avec ses succès passés. Dès les premiers épisodes disponibles sur la plateforme de streaming Apple TV, le créateur américain affirme un choix esthétique et narratif résolument différent. Fini les récits de chutes vertigineuses dans la criminalité : ici, le mystère scientifique prend le pas sur la violence brute, rappelant davantage l’ambiance énigmatique d’un Severance que l’univers âpre d’Albuquerque. Certes, certains repères demeurent — la ville du Nouveau-Mexique ou la présence d’une équipe technique familière — mais la parenté s’arrête là.
Une révélation confirmée
Au cœur de cette nouvelle aventure, on retrouve une Rhea Seehorn plus affûtée que jamais. Révélée au grand public grâce à son rôle marquant dans Better Call Saul, l’actrice n’a pourtant jamais reçu les honneurs majeurs lors de cette période, malgré des nominations prestigieuses en 2022. Ici, elle incarne Carol Sturka, héroïne cynique et désabusée mais dotée d’une humanité inattendue. Ce rôle principal permet à Seehorn de faire voler en éclats toutes les attentes : une performance qui sonne comme un rappel appuyé aux instances télévisuelles — sa Kim Wexler n’était pas un accident de parcours.
Nécessité ou pari ?
Pour Vince Gilligan, il s’agissait presque d’une question de survie artistique. Rester cantonné à l’univers Breaking Bad risquait d’enfermer le showrunner dans un schéma répétitif — le fameux syndrome du « one-trick pony ». Avec Pluribus, il s’offre une respiration bienvenue, renouant même avec ses premières amours pour la science-fiction (The X-Files, Hancock) tout en conservant cette capacité à disséquer des personnages confrontés à des situations extrêmes.
Une œuvre à contre-courant et pleine de promesses
Certains inconditionnels espéraient sans doute retrouver une nouvelle plongée dans la criminalité chère au créateur ; qu’ils se préparent à être déroutés. Pourtant, ce choix d’émancipation pourrait bien répondre à un besoin profond : celui pour Vince Gilligan, Rhea Seehorn, et leurs fidèles de prouver qu’ils savent se réinventer. À voir si ce virage trouvera son public mais déjà, il témoigne d’une vraie prise de risque et d’une créativité retrouvée.
Voici ce qui distingue particulièrement Pluribus :
- Narration axée sur le mystère plutôt que l’action criminelle.
- Mise en avant du jeu nuancé de Rhea Seehorn.
- Rupture assumée avec les codes des précédentes séries signées Vince Gilligan.
En somme, Pluribus ne cherche pas à flatter la nostalgie mais invite les spectateurs à emprunter un nouveau chemin aux côtés de deux talents qui refusent décidément toute routine.
