Assassin’s Creed : le départ forcé de Marc-Alexis Côté révèle des tensions internes

Image d'illustration. Assassin’s CreedUbisoft / PR-ADN
L’ancien pilier de la franchise Assassin’s Creed engage une action en justice auprès d'Ubisoft après une rétrogradation contestée qui a conduit à son départ, qu’il qualifie de licenciement déguisé.
Tl;dr
- Ubisoft traverse une restructuration majeure, marquée par des fermetures de studios, des annulations de projets et des départs de cadres clés.
- Assassin’s Creed est particulièrement touchée, avec des ventes en baisse, le départ conflictuel de Marc-Alexis Côté et une remise en cause de l’organisation historique autour de Montréal.
- L’avenir reste incertain, malgré plusieurs nouveaux jeux en préparation, dans un contexte de reports, d’instabilité stratégique et de perte de talents.
Un bouleversement sans précédent chez Ubisoft
Depuis quelque temps, le géant français Ubisoft traverse une période de remous. Un vent de réorganisation souffle sur l’éditeur français, qui a récemment mis l’accent sur la rationalisation de ses différents départements. Derrière ces ajustements structurels se cachent des décisions lourdes : fermetures de studios, annulations de projets encore secrets et départs remarqués parmi les figures emblématiques du groupe.
La saga Assassin’s Creed dans la tourmente
Parmi les franchises les plus emblématiques touchées, difficile d’ignorer Assassin’s Creed. Malgré le lancement récent d’Assassin’s Creed Shadows, dont les ventes seraient parmi les plus faibles de la série selon certaines sources, la saga n’échappe pas aux turbulences. L’un des épisodes les plus marquants concerne le départ brutal de Marc-Alexis Côté, pilier historique du projet pendant deux décennies. Écarté de son rôle central, il accuse aujourd’hui la direction d’avoir orchestré sa « rétrogradation » – assimilée à un licenciement déguisé – au profit, affirme-t-il, de proches du PDG Yves Guillemot, notamment lors de la création du nouveau pôle Vantage Studios. Conséquence : une procédure judiciaire réclamant près d’un million de dollars pour salaires et indemnités impayés.
Nouvelles directions et incertitudes stratégiques
Pourquoi cette rupture soudaine ? Parmi les motifs avancés par Marc-Alexis Côté figure une volonté claire de recentrer le développement des futurs jeux Assassin’s Creed en France, au plus près du siège parisien – rompant ainsi avec la tradition du studio montréalais qui avait jusque-là façonné l’ADN de la licence. Cette mutation s’inscrit dans une stratégie globale : regrouper les équipes, optimiser les coûts… quitte à fragiliser certaines séries phares et à provoquer une valse des talents.
Ce bouleversement n’est pas isolé. D’autres cadres créatifs ont quitté le navire récemment — citons notamment le directeur créatif de The Division 3, désormais parti vers Battlefield Studios — accentuant un sentiment d’incertitude autour des projets à venir et pesant lourdement sur la valorisation boursière d’Ubisoft.
Voici quelques exemples qui illustrent cette période charnière :
- The Prince of Persia: The Sands of Time Remake annulé après plusieurs années.
- Sept jeux majeurs repoussés à 2027 ou plus tard.
- Un lancement retardé pour plusieurs déclinaisons inédites d’Assassin’s Creed.
L’avenir reste en suspens pour Assassin’s Creed
Pour autant, impossible d’enterrer une franchise aussi massive que Assassin’s Creed. Plusieurs nouveaux titres sont déjà dans les cartons : du monde ouvert mobile avec Jade, aux ambiances surnaturelles et horrifiques promises par Hexe, sans oublier l’orientation multijoueur d’Invictus. Pourtant, aucune date ferme à l’horizon et leur position dans la feuille de route reste incertaine. À ce stade, tout indique que la série entame une phase profonde d’évolution… mais impossible de prédire quelle forme prendra son futur visage tant que l’onde de choc interne n’aura pas fini d’ébranler le groupe. Une chose est sûre : toutes ces secousses ne manqueront pas d’influencer durablement l’univers vidéoludique signé Ubisoft.
