Assassin’s Creed a-t-il perdu son âme ?

Image d'illustration. Assassin’s CreedUbisoft / PR-ADN
Avec les nouveaux Assassin’s Creed, Ubisoft s’éloigne du parkour historique pour embrasser une expérience plus vaste et RPG.
Tl;dr
- Assassin’s Creed évolue vers un modèle plus action-RPG, ce qui divise les fans entre enthousiasme et déception.
- Les vastes mondes ouverts ont relégué le parkour et l’infiltration au second plan, uniformisant les façons de jouer.
- Cette transformation interroge l’avenir de l’identité originelle de la franchise, partagée entre innovation et fidélité à ses racines.
Une franchise en pleine mutation
Depuis plusieurs années, la franchise Assassin’s Creed de l’éditeur français Ubisoft traverse une période de transition qui ne laisse personne indifférent. Si l’on regarde du côté des fans, la sortie récente d’Assassin’s Creed Shadows a suscité autant d’espoir que de frustration. Derrière les innovations affichées – comme l’introduction d’un récit à double protagoniste – se cache un choix stratégique plus profond : celui de délaisser les mécaniques historiques du parkour au profit d’une expérience plus orientée action-aventure et RPG.
L’évolution du gameplay : un adieu progressif au parkour
Il fut un temps où parcourir les toits de villes denses était le cœur même du jeu. Les premiers épisodes, à commencer par le tout premier Assassin’s Creed, invitaient à exploiter chaque corniche pour fuir ou traquer sa cible. Or, depuis le virage RPG opéré avec Assassin’s Creed: Origins, la tendance s’est inversée. Désormais, les mondes ouverts s’étendent sur des kilomètres, comme dans Valhalla, Odyssey ou plus récemment Shadows. Résultat ? Les environnements urbains compacts laissent place à de vastes étendues où grimper n’est plus essentiel mais accessoire, reléguant le parkour à quelques séquences anecdotiques.
Des choix de design qui brident l’infiltration
Pour justifier ce changement, Ubisoft mise sur une structure RPG toujours plus poussée. Les zones verrouillées par le niveau des ennemis imposent souvent une approche frontale au détriment de la discrétion et de l’agilité caractéristiques de la franchise. Certains fans jugent même ces restrictions punitives : tenter une infiltration originale finit invariablement en combat direct si votre personnage n’a pas atteint la puissance requise. La progression tend ainsi à uniformiser les stratégies ; là où autrefois chaque joueur pouvait inventer sa propre méthode d’approche.
Voici ce qui frappe particulièrement les joueurs nostalgiques :
- L’absence quasi totale de verticalité exploitée réellement.
- L’impression que le parkour est devenu un simple prétexte visuel.
- L’accès facilité pour les nouveaux venus, mais au prix d’une perte d’identité.
Un avenir incertain pour l’ADN originel de la saga
En définitive, il semblerait que l’essence première d’Assassin’s Creed – cette liberté et cette agilité propre au parkour – ait été sacrifiée sur l’autel du renouvellement commercial et ludique. Si certains saluent cette démocratisation des mécaniques par Ubisoft, beaucoup regrettent que ce qui faisait battre le cœur des premiers épisodes ait presque disparu. Le débat reste ouvert : entre soif d’innovation et attachement aux fondamentaux, difficile de savoir quelle voie saura rallier tous les joueurs sous la même bannière.
