Sorti il y a 11 ans, Super Mario Maker a changé la série autrement qu’avec un simple épisode de plus. Il a surtout transformé les joueurs en créateurs.
En bref
- Nintendo a sorti Super Mario Maker il y a 11 ans
- Les joueurs ont créé des niveaux d’une difficulté extrême
- La formule a survécu avec Super Mario Maker 2
On attendait un terrain de jeu créatif, Nintendo a accouché d’une machine à souffrir. C’est ce qui rend Super Mario Maker si marquant, 11 ans après sa sortie. Ce jeu n’a pas seulement laissé les joueurs bricoler des niveaux, il a complètement déplacé le centre de gravité de Mario, du côté de la communauté.
Un éditeur de niveaux qui a dérapé dans le bon sens
Sorti le 11 septembre 2015 sur Wii U, pour célébrer les 30 ans de Super Mario Bros., le jeu prenait un virage simple. Pas un nouvel épisode 2D classique, mais une boîte à outils ouverte à tous. Et vraiment à tous.
Pas besoin de savoir coder, ni même de penser comme un développeur. L’interface reposait sur du glisser-déposer, avec l’écran tactile de la Wii U pour poser du terrain, aligner des briques, cacher un bonus dans un bloc ou glisser un ennemi là où ça faisait mal. Plateformes mobiles, pièges à boules de feu, textures héritées des anciens épisodes 2D, tout était fait pour construire vite. Clairement, l’exécution était brillante.
Pourquoi la difficulté a explosé
Le contraste est là. Les vieux Mario pouvaient être durs, mais ils restaient pensés pour être finis par des joueurs motivés, pas seulement par une élite. Avec Super Mario Maker, cette limite a sauté.
Les joueurs ont utilisé ces outils avec une joie presque sadique. Très vite, on est passé de parcours corsés à des niveaux proches de l’impossible, où chaque saut devait tomber à la milliseconde. Des plateformes encerclées par des trajectoires de feu, un seul chemin viable, zéro marge. Résultat ? Des stages devenus des spectacles à part entière.
Et c’est là que le jeu a changé quelque chose de plus large. L’échec répété, normalement frustrant, est devenu une forme de divertissement. On regarde, on tente, on recommence, on poste la vidéo quand enfin ça passe. Pour certains, le plaisir venait du clear. Pour d’autres, du fait de créer un niveau que presque personne ne pouvait battre.
De la création au spectacle, puis à la suite
Ce qui frappe quand même, c’est la longévité de l’idée. La Wii U a été un échec commercial, mais Super Mario Maker a largement dépassé sa console d’origine. Sa popularité a été assez forte pour justifier une suite sur Nintendo Switch dès l’été 2019.
Super Mario Maker 2 a ajouté de nouveaux outils, avec entre autres les pentes, les interrupteurs on-off, les snake blocks et le style Super Mario 3D World. Le jeu a aussi élargi l’usage, avec de la coopération, une campagne solo de 100 niveaux conçus par Nintendo et même la création de cartes du monde personnalisées.
L’upload de niveaux n’est plus possible dans le premier jeu, mais l’héritage reste intact. Super Mario Maker 2 continue de le porter, et ce n’est pas un petit détail. En donnant aux joueurs les clés du level design, Nintendo a créé bien plus qu’un spin-off. Des créateurs sont devenus compétiteurs, puis parfois créateurs de contenu. Pour une série aussi codifiée que Mario, ce n’est pas rien.