Le dictionnaire américain Merriam-Webster a désigné « Slop » comme mot de l’année, soulignant ainsi la popularité grandissante de ce terme en 2025 et son influence sur la culture anglophone contemporaine.
Tl;dr
- Merriam-Webster a choisi « Slop » comme mot de l’année 2025 pour illustrer la prolifération de contenus numériques sans valeur, souvent générés par intelligence artificielle.
- Le terme, historiquement lié aux déchets, reflète l’omniprésence de vidéos, musiques et textes automatisés sur les plateformes, malgré quelques tentatives de régulation par TikTok, Pinterest ou Spotify.
- La sélection annuelle du dictionnaire met aussi en lumière d’autres mots révélateurs des débats contemporains, montrant comment le lexique s’adapte à l’ère numérique.
Le symptôme d’une ère numérique saturée
L’année 2025 n’est pas encore terminée que le ton est déjà donné. La maison d’édition lexicographique Merriam-Webster vient de choisir le terme « Slop » comme mot de l’année, traduisant ainsi un malaise grandissant face à l’invasion de contenus numériques générés par intelligence artificielle. Derrière ce choix, se cache la reconnaissance d’une réalité que bien des internautes ont déjà constatée : des vidéos, musiques ou textes sans âme ni intérêt pullulent désormais sur nos écrans, souvent produits à la chaîne.
Origines et évolutions du mot « Slop »
Mais pourquoi ce terme en particulier ? Les spécialistes du dictionnaire rappellent que « Slop », qui désignait initialement la boue au XVIIIème siècle, a rapidement évolué vers le sens de « déchets alimentaires », puis plus largement celui d’ordures, ou de produit sans valeur. On comprend dès lors son adoption pour qualifier cette nouvelle vague de productions numériques, peu qualitatives et omniprésentes. Un glissement sémantique souligné non sans une pointe d’ironie par Merriam-Webster : « Comme slime, sludge et muck, slop évoque ce qu’on préfère ne pas toucher ; il s’insinue partout. »
L’omniprésence sur les plateformes et la riposte timide des géants du web
À vrai dire, rares sont ceux qui échappent à cette marée de contenus automatisés. Qu’il s’agisse de bandes-annonces fictives sur YouTube, d’albums entiers générés par IA sur Spotify ou même d’offres douteuses sur des services comme Uber Eats, le phénomène est massif. À titre personnel, qui n’a jamais reçu ces vidéos factices — chiens animés en boucle — partagées avec affection par des proches peu méfiants ? Ce n’est guère surprenant tant les principaux réseaux sociaux semblent parfois encourager cette diffusion.
Toutefois, face à l’agacement croissant des utilisateurs, certaines plateformes réagissent timidement :
- TikTok et Pinterest, par exemple, proposent désormais d’alléger le flux de contenus automatisés.
- Spotify tente également quelques initiatives malgré une surveillance manifestement perfectible — certains clones IA passent encore inaperçus durant des semaines.
- D’autres acteurs tels que Google, eux, continuent d’intégrer massivement ces créations générées dans leurs formats courts.
Difficile à ce stade d’affirmer si 2025 marquera l’apogée du phénomène ; une chose est sûre : le flot ne tarit pas.
Nouveaux mots pour une époque connectée
Enfin, notons que dans sa sélection annuelle, Merriam-Webster met aussi en avant des termes qui témoignent des débats contemporains – citons notamment Gerrymander, Touch Grass ou encore Performative. Autant de signaux faibles d’une époque où le lexique tente tant bien que mal de rattraper la réalité mouvante du numérique.