PlayStation Store : Sony passe à l’offensive contre les shovelwares

Image d'illustration. PlayStation StoreSony / PR-ADN
Pendant des années, des centaines de jeux sans ambition ont noyé le PlayStation Store, jusqu’à provoquer une réaction tardive mais nécessaire de Sony.
Tl;dr
- Le PlayStation Store a été submergé par des shovelwares, poussant Sony à supprimer plus de 1000 jeux jugés abusifs ou sans réel intérêt.
- Ces titres, souvent déclinés artificiellement entre versions et régions, encombraient la boutique et étouffaient la visibilité des productions légitimes.
- Cette vague de suppressions marque un premier signal fort, mais devra s’inscrire dans une politique durable pour assainir le PlayStation Store.
L’invasion des shovelwares
Depuis plusieurs années, le PlayStation Store de Sony subit une prolifération incontrôlée de jeux à la qualité douteuse. Récemment, le géant japonais a pris une décision attendue : supprimer plus de 1000 titres issus principalement de l’éditeur ThiGames. Ce dernier s’était fait remarquer en inondant la plateforme de jeux basiques, souvent proposés à bas prix, dont l’unique intérêt résidait dans l’obtention rapide de trophées. L’ampleur du phénomène allait bien au-delà d’une simple gêne : ces productions multipliaient les déclinaisons entre versions PS4, PS5 et éditions régionales distinctes, saturant les pages de la boutique en ligne.
Un impact sur la visibilité de véritables perles
Ce flot incessant a un effet délétère sur la découvrabilité, enjeu crucial pour tout écosystème numérique. Lors des soldes saisonnières, dénicher une pépite comme Dragon’s Dogma: Dark Arisen, reléguée à la cinquantième page, ou encore tomber sur un titre original tel que Border Bots VR, relève presque du hasard tant ils se retrouvent noyés sous une masse d’ersatz sans intérêt. Le constat est partagé par nombre de développeurs indépendants : « Si des gens balancent des cochonneries dans le système, vous êtes inévitablement repoussés au fond du classement… On travaille six ans sur un jeu alors qu’à côté d’autres sortent une douzaine de clones en six mois, c’est décourageant », confie l’un d’eux à IGN.
L’explosion du phénomène avec l’arrivée de l’intelligence artificielle générative
Et si certains espéraient que cette vague serait passagère, la tendance semble pourtant s’accentuer. L’apparition d’IA génératives simplifie encore davantage la création express de « slopware », ces titres opportunistes bourrés d’actifs recyclés et d’artworks tapageurs. Résultat : il devient presque impossible d’échapper à ce déluge graphique sur n’importe quelle rubrique du store.
Notons que ce problème ne concerne pas uniquement Sony. L’eShop de la Nintendo Switch, dépourvu même de trophées ou succès officiels pour motiver les achats impulsifs, souffre tout autant : trouver un jeu digne d’intérêt parmi cette mer d’offres relève là aussi de la quête.
Des leviers concrets pour préserver l’expérience utilisateur
Face à cette surcharge toxique qui nuit autant aux joueurs qu’aux créateurs investis, plusieurs axes semblent inévitables :
- Nouvelles règles strictes pour encadrer les publications.
- Mises à jour régulières et suppressions massives des contenus indésirables.
- Mise en avant accrue des titres originaux lors des promotions.
Des mesures déjà amorcées fin 2022 et début 2025 devront être renforcées rapidement si les plateformes veulent redonner toute leur place aux expériences vidéoludiques authentiques. Entre pléthore et qualité, l’équilibre reste plus fragile que jamais.
