Nelvana met fin à la création de nouvelles séries

Image d'illustration. NelvanaNelvana / PR-ADN
Le nom de Nelvana disparaît peu à peu des écrans, mais ses créations continueront de marquer les générations.
Tl;dr
- Après 54 ans d’activité, le studio canadien Nelvana arrête la production de nouvelles séries, marquant la fin d’une ère.
- En difficulté financière, Corus Entertainment réorganise ses activités, recentrant Nelvana sur la distribution, le merchandising et son catalogue.
- Cet arrêt suscite des incertitudes sociales et un goût amer, tant l’héritage du studio a marqué l’imaginaire mondial de l’animation.
La fin d’une ère pour l’animation canadienne
Depuis plus d’un demi-siècle, le studio canadien Nelvana incarnait une référence incontournable dans le paysage de l’animation. Créé dans les années 1970 par Michael Hirsh, Patrick Loubert et Clive A. Smith, il a marqué des générations d’enfants et d’adultes, que ce soit par ses adaptations comme Le Bus magique, Babar, Les Bisounours ou encore par des œuvres originales dont la série culte Clone High. Or, un changement d’époque s’annonce : après 54 ans d’activité, le studio met fin à la production de nouvelles séries.
Une réorganisation forcée chez Corus Entertainment
L’annonce n’a rien d’un coup de théâtre pour qui suit de près l’évolution du secteur au Canada. Ces derniers mois, la maison-mère, Corus Entertainment, faisait déjà face à des difficultés financières majeures, révélées dès l’été précédent. La chute des revenus s’est traduite par des mesures drastiques : fermeture de chaînes emblématiques telles que Disney XD ou Nickelodeon, restructurations internes… et désormais suspension pure et simple de toute nouvelle production chez Nelvana. Même si certains ex-employés ont confirmé sur les réseaux sociaux ce tournant radical, l’entreprise préfère parler d’une « pause » dans la création.
Des incertitudes sociales persistantes
Faut-il y voir un adieu définitif ? Pas tout à fait. Selon les informations relayées par The Globe and Mail, la marque Nelvana, propriété de Corus Entertainment depuis 2000, ne disparaît pas totalement : elle va désormais se consacrer à trois missions principales :
- Distribution internationale des œuvres existantes ;
- Mise en valeur du merchandising ;
- Pilotage du catalogue historique.
La direction reste cependant évasive sur les conséquences sociales immédiates – impossible à ce stade de connaître précisément le nombre de suppressions de postes liées à cette décision.
L’héritage Nelvana : un pan entier de l’imaginaire mondial
Difficile pourtant de minimiser la portée symbolique de cet arrêt. Derrière le logo du studio se cachent des dizaines de franchises marquantes, allant du mythique Beyblade aux aventures animées de Tintin, sans oublier des incursions dans l’univers culte du Star Wars Holiday Special. Si peu reconnaissent spontanément le nom du studio, rares sont ceux qui n’ont jamais croisé l’une de ses créations. Pour beaucoup d’amateurs d’animation, cette page qui se tourne laisse comme un goût amer : celui d’une époque révolue où le Canada rayonnait sur la scène mondiale du dessin animé.
