Le genre Souls-like est aujourd’hui défini autant par ses règles implicites que par l’héritage structurel laissé par FromSoftware.
Tl;dr
- FromSoftware domine le genre Souls-like avec des jeux devenus des références, ce qui rend la concurrence très difficile pour les autres studios.
- Beaucoup de développeurs copient la formule de Elden Ring ou Sekiro: Shadows Die Twice par peur de l’échec, ce qui limite l’innovation dans le genre.
- Le genre Souls-like devra prendre plus de libertés face à l’influence de FromSoftware pour continuer à évoluer.
FromSoftware et la domination du Souls-like
Depuis plus d’une décennie, le genre Souls-like fascine un public toujours plus large. À l’origine de cette révolution vidéoludique, on trouve évidemment FromSoftware, dont chaque nouvelle production s’impose immédiatement comme une référence. De Demon’s Souls à Elden Ring, en passant par Bloodborne et Sekiro: Shadows Die Twice, le studio japonais a su affiner une formule à la fois exigeante et immersive. Ce succès, toutefois, engendre aussi son lot de complications pour l’ensemble de l’industrie vidéoludique.
Des standards inatteignables pour la concurrence
Face à une telle hégémonie, il devient presque impossible pour d’autres studios de rivaliser. Les jeux développés en dehors de l’écosystème FromSoftware sont systématiquement comparés aux fleurons du genre, une attente qui pèse lourd sur les épaules des créateurs. Dès qu’un nouveau titre voit le jour, le verdict tombe sans appel : la moindre faiblesse technique ou manque d’originalité est sévèrement sanctionnée par les joueurs et la critique. Quelques exceptions émergent parfois, citons notamment Lies of P, mais bien souvent, les projets échouent à sortir de l’ombre.
Cette pression se traduit concrètement : des équipes comme celles derrière Wuchang: Fallen Feathers ou encore Khazan: The Last Berserker, malgré un potentiel certain, se voient contraintes de réduire leur effectif, voire de fermer boutique face à un marché saturé et des attentes irréalistes.
L’innovation bridée par la peur du risque
Au fil du temps, une tendance inquiétante s’est installée : par crainte de décevoir ou de prendre trop de risques financiers, nombre de développeurs préfèrent s’en tenir scrupuleusement à la recette éprouvée. On observe ainsi que beaucoup reprennent à l’identique les mécaniques et les codes posés par FromSoftware. Certes, ce choix rassure une partie du public, mais il étouffe également la créativité qui pourrait faire évoluer le genre.
Voici quelques conséquences observées :
- Banalisation des mécaniques de jeu, au détriment du renouvellement.
- Difficulté accrue pour se différencier sur un marché saturé.
- Peur généralisée d’explorer des concepts inédits.
Paradoxalement, c’est chez FromSoftware même que l’on retrouve quelques-unes des plus belles prises de risque : lorsque le studio réinvente sa propre formule, avec le système de parade novateur dans Sekiro: Shadows Die Twice, ou l’exploration ouverte dans Elden Ring. Pourtant, rares sont ceux qui osent sortir du cadre ainsi posé.
L’avenir du Souls-like : entre admiration et besoin d’émancipation
En définitive, si le genre doit continuer à surprendre et grandir, il lui faudra s’affranchir partiellement de l’influence écrasante d’un seul studio. Sans prise de risques ni diversité dans l’approche créative, le danger serait que le « tunnel FromSoftware » ne devienne un cul-de-sac artistique. Un défi que seuls les développeurs audacieux sauront relever… à condition qu’on leur laisse enfin respirer hors de l’ombre du maître.