Korgoth of Barbaria : la perle trash d’Adult Swim restée sans suite

Image d'illustration. Adult SwimAdult Swim
Portée par un créateur reconnu pour ses œuvres marquantes, cette production inaboutie suscite aujourd’hui la curiosité des amateurs du genre.
Tl;dr
- Korgoth of Barbaria, une série animée au ton irrévérencieux et post-apocalyptique, a marqué les esprits dès son pilote diffusé en 2006.
- Malgré une direction artistique forte et un succès d’audience, le projet a été abandonné à cause de coûts trop élevés, malgré une pétition de fans.
- Cette série culte reste un ovni de l’animation adulte, regrettée pour son humour trash et son univers unique, même si son créateur a poursuivi une carrière brillante.
Un ovni animé : l’épopée manquée de Korgoth of Barbaria
L’histoire de Korgoth of Barbaria résonne comme celle d’un météore, aussi bref qu’éblouissant. Imaginé par Aaron Springer, figure incontournable du cartoon américain – passé par Spümcø, SpongeBob SquarePants ou encore Dexter’s Laboratory –, ce projet a su marquer les esprits malgré une existence éphémère. En 2006, le public découvre sur Adult Swim le pilote de cette série aussi délirante que crasseuse. Difficile de faire plus barré : la violence outrancière y côtoie un humour décapant, porté par la voix rocailleuse de Diedrich Bader. On y croise des mages dégénérés, des monstres improbables et des héros à mille lieues des standards héroïques.
Spoof, post-apo et satire outrancière
Korgoth of Barbaria, c’est avant tout une immense farce sur la fantasy à la sauce Conan le Barbare et He-Man, deux icônes ouvertement pastichées par Aaron Springer. Au-delà des épées et des sorts, l’univers du show lorgne vers un futur post-apocalyptique délabré : entre pigeons géants et ruines technologiques, les personnages arborent une peau grisâtre, comme rongés par les séquelles d’un désastre nucléaire. Le ton ? Résolument irrévérencieux : dès la première minute du pilote, une enseigne mal orthographiée donne le ton scabreux. La galerie de protagonistes navigue sans complexe dans le grotesque et le trash – mention spéciale à un combat contre un monstre de chewing-gum aux formes suggestives.
L’ambition avortée malgré un engouement certain
Pourtant, tout était réuni pour transformer ce joyau macabre en phénomène culte : direction artistique signée Genndy Tartakovsky, succès d’audience inattendu lors de son passage nocturne sur Cartoon Network et même promotion lors du Comic-Con 2006. Mais la chaîne n’ira pas plus loin : selon une déclaration ironique publiée en 2010, le coût jugé trop élevé aura eu raison du projet. Une pétition lancée par les fans n’y changera rien. Dès lors, le pilote sera ponctuellement rediffusé lors d’événements spéciaux ou relancé au gré des envies du diffuseur – comme pour mieux rappeler sa singularité.
Un héritage discret mais tenace
Pourquoi ne pas avoir tenté l’aventure ? Peut-être parce que l’époque a changé et que l’humour gore façon Korgoth est aujourd’hui moins recherché. Pourtant, certains regrettent encore cet ovni qui aurait pu dynamiter durablement l’animation adulte américaine. Heureusement pour lui, Aaron Springer n’en a pas souffert professionnellement : il s’est illustré depuis sur des séries majeures telles que Gravity Falls, Mickey Mouse ou encore les très appréciés Looney Tunes Cartoons. Mais on se surprend parfois à penser : il manque peut-être dans notre paysage télévisuel une bonne dose d’absurde gluante façon Korgoth…
