James Brolin, l’Américain qui faillit devenir James Bond

Image d'illustration. James Bond OctopussyEON Productions / PR-ADN
Octopussy restera pour James Brolin le symbole d’un rêve hollywoodien échappé à la dernière minute.
Tl;dr
- Au début des années 1980, James Brolin a failli devenir James Bond pendant l’incertitude autour du départ de Roger Moore.
- Il a passé des essais filmés et commencé son entraînement, mais Roger Moore a finalement accepté de continuer, et James Brolin a été écarté.
- Cubby Broccoli préférait instinctivement un Bond britannique, et Roger Moore est resté pour Octopussy, qui a surpassé la concurrence au box-office.
Une icône hollywoodienne aux portes du mythe britannique
Rare sont les occasions où un acteur américain s’est retrouvé si près de devenir le célèbre James Bond. Pourtant, au début des années 1980, c’est bien ce qui faillit arriver à James Brolin, fraîchement auréolé du succès de The Amityville Horror. Alors que la production de Octopussy, treizième opus de la franchise lancée en 1962 avec Dr. No, se préparait, une incertitude planait sur l’identité du prochain 007.
L’hésitation de Roger Moore change la donne
À cette époque, Roger Moore, qui incarnait l’agent 007 depuis Live and Let Die, ne souhaitait pas renouveler l’expérience après plusieurs films sous contrat individuel. La perspective de son départ a poussé les producteurs historiques, Cubby Broccoli et Michael G. Wilson, à organiser des auditions afin d’assurer la relève. Parmi les prétendants, James Brolin a non seulement passé des essais filmés — encore visibles aujourd’hui — mais il avait déjà commencé son entraînement avec les cascadeurs londoniens. Dans un entretien accordé en juillet 2025 à People, l’acteur confie : « Il n’était pas là, alors j’ai pris l’avion et j’ai rencontré tout le monde. Et j’ai obtenu mon appartement, et j’ai commencé à travailler avec les cascadeurs, et Cubby Broccoli m’a engagé. Nous n’avions encore signé aucun papier. Je suis retourné à L.A. pour récupérer mes affaires parce que j’allais être absent pendant un an. Et j’ai reçu un appel disant que Roger Moore avait décidé d’en faire un de plus, et je n’étais plus dedans. »
Négociations et jeux de coulisses hollywoodiens
Cette valse-hésitation entre l’acteur britannique et la production ne date pas d’hier. Après trois premiers films sous contrat ferme – Live and Let Die, The Man with the Golden Gun et The Spy Who Loved Me – Roger Moore n’acceptait plus que des engagements ponctuels, maintenant le suspense autour de sa succession. Les recherches actives pour trouver un nouveau visage à l’agent secret étaient donc bien réelles.
Le réalisateur John Glen, dans le documentaire « Inside Octopussy », souligne même la qualité des essais de James Brolin : « C’était un excellent test». Mais tout s’est joué dans l’ombre d’une partie serrée entre producteurs et distributeurs : « En fin de compte, Cubby Broccoli, instinctivement, ne voulait pas vraiment qu’un Américain joue James Bond », glisse John Glen, confirmant ainsi le retour du favori britannique.
L’héritage de l’épisode Octopussy
Finalement, le choix de reconduire Roger Moore a porté ses fruits : malgré des critiques mitigées, Octopussy surpassera au box-office le concurrent inattendu qu’était Never Say Never Again, avec le retour exceptionnel de Sean Connery. Pour James Brolin, cette histoire restera celle d’un rendez-vous manqué avec la légende… preuve que même à Hollywood, certains rêves filent entre les doigts à la dernière minute.
