Cette série avait le potentiel de marquer l’histoire de la science-fiction sur Amazon Prime Video

Image d'illustration. Oasis
Image d'illustration. Oasis — Amazon

Annulée prématurément par Amazon Prime Video, cette série de science-fiction avait pourtant tous les atouts pour marquer durablement le genre. Forte d’un univers riche et d’un concept original, elle suscitait de grandes attentes auprès des amateurs.

Tl;dr

  • Oasis, un pilote de science-fiction prometteur diffusé en 2017 sur Amazon Prime Video, n’a jamais été développé malgré un bon accueil critique.
  • Inspiré par des œuvres comme Solaris, le récit mêlait exploration spatiale et angoisse existentielle, confrontant les colons à des phénomènes mentaux troublants.
  • L’ambiance psychologique, le personnage du pasteur en crise et le potentiel philosophique de la série n’ont pas suffi à convaincre Amazon d’en faire une série complète.

Une série prometteuse stoppée net

Difficile de comprendre pourquoi Amazon Prime Video a choisi de ne pas aller plus loin avec Oasis, ce pilote ambitieux diffusé en 2017 et adapté du roman The Book of Strange New Things signé Michel Faber. Malgré un accueil critique plus que correct et un potentiel certain pour séduire les amateurs de science-fiction exigeante, le projet n’a jamais dépassé le stade du premier épisode. À cette époque, il faut rappeler que les critères d’Amazon pour valider une série étaient encore en pleine évolution — une donnée qui a peut-être joué contre Oasis.

L’héritage lourd de Solaris

Le point commun frappant entre Oasis et des classiques comme Solaris de Stanisław Lem, ou même son adaptation par Andrei Tarkovsky, saute aux yeux dès les premières minutes. Plutôt que d’explorer uniquement l’espace, ces récits installent un malaise psychologique profond : sur la station spatiale de Solaris, comme sur la planète désertique d’Oasis, l’humain se retrouve confronté à ses propres limites. Ici, la science et la rationalité cèdent face à une entité inconnue, impossible à appréhender sans renoncer à ses certitudes.

Là où d’autres histoires insistent sur la capacité humaine à triompher, notamment dans des œuvres comme The Martian, on assiste dans ces univers à une remise en question douloureuse : et si nos constructions mentales rendaient toute communication véritablement extraterrestre vaine ?

L’exil interstellaire sous le signe du doute

Dans ce contexte, le protagoniste Peter Leigh — interprété par un Richard Madden alors tout juste auréolé par le succès de Game of Thrones — débarque sur une colonie exoplanétaire alors que la Terre agonise. Envoyé sans réelle explication auprès d’une équipe déjà fragilisée, ce pasteur peine à trouver sa place. Rapidement, lui et les autres colons sont confrontés à des phénomènes étranges : hallucinations collectives autour de souvenirs familiaux, accidents inexpliqués… Tout laisse penser que la planète elle-même rejette leur présence.

Il faut souligner ici quelques éléments clés qui structurent ce malaise :

  • Hallucinations psychologiques chez chaque membre du groupe.
  • Doute croissant sur la possibilité de retour vers la Terre.
  • Tension entre foi religieuse et effondrement rationnel.

L’échec d’un pari audacieux ?

L’ambiguïté fascinante développée dans le pilote aurait pu constituer le socle d’une grande série. Entre le suspense psychologique et l’exploration existentielle chère à Lem, tout était réuni pour faire d’Oasis une pépite du genre. La réponse ultime — les colons auraient-ils réussi à survivre au miroir implacable tendu par cette planète hostile ? — restera malheureusement sans suite. Pourtant, nombreux sont ceux qui auraient voulu voir jusqu’où cette fiction pouvait pousser notre propre remise en question face à l’inconnaissable.