Blood Red : le western méconnu qui lança la carrière de Julia Roberts

Image d'illustration. Julia RobertsKettledrum Productions / PR-ADN
Un drame familial mêlé à une lutte pour la terre, dans lequel Julia Roberts fit ses premiers pas à l’écran.
Tl;dr
- Julia Roberts a débuté discrètement au cinéma dans Blood Red, un western oublié, bien loin de ses futurs rôles iconiques.
- Le film mêlait drame familial, conflit autour de terres viticoles et vengeance sanglante, sur fond d’immigration sicilienne en Californie.
- Malgré un casting prometteur, le résultat restait inégal et n’intéressait que les fans des Roberts ou les curieux du western des années 1980.
Un western méconnu dans la carrière de Julia Roberts
À la fin des années 1980, alors que l’ombre de Julia Roberts commençait tout juste à se dessiner sur Hollywood, peu imaginaient que son premier rôle crédité serait dans un genre aussi éloigné de sa future image de reine de la comédie romantique : le western. Pourtant, c’est bien avec Blood Red, film quasiment tombé dans l’oubli, qu’elle foule pour la première fois un plateau de cinéma, trois ans avant d’exploser grâce à Pretty Woman.
Saga familiale et vengeance sur fond d’immigration
L’action se situe en Californie, à la toute fin du XIXème siècle. On y découvre la famille Collogero, récemment immigrée de Sicile, tentant de s’établir grâce à une vigne prospère. Le père, incarné par Giancarlo Giannini, rêve de transmettre ses terres à son fils rebelle (Eric Roberts). Mais l’arrivée d’un magnat irlandais cupide (Dennis Hopper) bouleverse ce fragile équilibre : il souhaite faire passer son chemin de fer au cœur des vignobles des immigrants italiens et n’hésite pas à employer les gros bras pour les évincer.
Le récit bascule rapidement du drame familial à une lutte sanglante pour la survie. Face au refus du patriarche de vendre à vil prix, l’oppression devient violente — jusqu’à l’inévitable vengeance menée par Marco Collogero et ses compagnons. Difficile cependant d’ignorer le parfum de déjà-vu, surtout après l’échec cuisant six ans plus tôt du monument Heaven’s Gate qui abordait des thèmes proches.
Des talents sous-exploités et une distribution disparate
Il faut bien admettre que ce long-métrage n’a guère laissé de traces, malgré un casting solide regroupant Burt Young, Elias Koteas, ou encore Michael Madsen. La prestation d’Eric Roberts, alors encore auréolé d’une nomination aux Oscars, occupe le devant de la scène. Son jeu exubérant — tic nerveux compris — et sa coupe mulet détonnent dans cette fresque historique. Quant à Julia Roberts, elle y fait surtout acte de présence ; quelques lignes suffisent presque à faire oublier sa participation.
Certains visages connus traversent le film sans éclat particulier. Par exemple, malgré son retour en grâce avec Blue Velvet, le personnage incarné par Dennis Hopper souffre d’un accent irlandais improbable et disparaît régulièrement du récit.
Pour qui s’adresse Blood Red ?
Finalement, difficile de recommander chaudement cette œuvre hybride qui oscille entre sérieux dramatique et série B sans jamais trancher franchement. Il reste principalement réservé :
- Aux passionnés désireux d’explorer toute la filmographie des frères Roberts ;
- Aux amateurs curieux d’assister aux débuts timides de Julia avant les sommets hollywoodiens ;
- Ou aux nostalgiques des expérimentations du western hollywoodien des années 1980.
En somme, Blood Red demeure une curiosité pour cinéphiles complétistes plutôt qu’un jalon marquant dans l’histoire du genre ou la carrière flamboyante de Julia Roberts.
