Les franchises emblématiques Call of Duty et Battlefield, autrefois reines du jeu de tir à la première personne, semblent aujourd’hui peiner à séduire un public en quête de nouveautés et d’expériences différentes dans un marché vidéoludique en pleine mutation.
Tl;dr
- Les franchises Call of Duty et Battlefield dominent depuis longtemps le FPS multijoueur, mais leur formule commence à lasser les joueurs.
- Les critiques contre les épisodes récents et l’arrivée de nouveaux genres comme les hero shooters et les battle royale ont bouleversé le marché.
- Malgré ce recul, Activision et Electronic Arts espèrent relancer leurs licences grâce à davantage d’innovation et d’expérimentation.
Une domination fragilisée par la lassitude et l’innovation
Depuis près de deux décennies, les franchises Call of Duty et Battlefield ont imposé leur loi sur le segment très disputé du jeu de tir à la première personne multijoueur. Leur succès fulgurant a engendré une multitude de concurrents, souvent éphémères, tentant de reproduire la recette gagnante. Mais ce règne sans partage semble aujourd’hui vaciller : l’industrie vidéoludique, toujours avide de renouveau, s’éloigne progressivement du modèle qui a fait la fortune d’Activision et d’Electronic Arts.
L’épuisement d’une formule et ses conséquences visibles
Si l’on regarde d’un peu plus près, difficile d’ignorer les signes de fatigue. Les sorties annuelles se sont succédé avec des innovations parfois mineures, jusqu’à l’impasse illustrée par un Modern Warfare 3 jugé trop proche du contenu téléchargeable, vendu au prix fort, un choix vivement critiqué par les joueurs. La réception mitigée de Black Ops 7, dont les chiffres décevants ont contraint Activision à revoir son discours sur la prétendue invincibilité de sa franchise-phare, marque un tournant. Du côté de Battlefield, si le récent succès commercial de Battlefield 6 rassure, il n’efface pas le souvenir amer laissé par les échecs répétés des épisodes précédents comme Battlefield 2042.
Diversification du paysage et émergence de nouveaux genres
Désormais, le marché ne gravite plus uniquement autour des deux mastodontes historiques. Le phénomène des « clones » cherchant à copier leur succès s’estompe nettement : le public se tourne vers des expériences plus variées. L’arrivée fracassante d’un titre comme Overwatch, qui a démocratisé le « hero shooter », ou encore l’explosion du genre battle royale portée par des jeux comme PUBG et Fortnite, ont rebattu les cartes. Face à cette concurrence protéiforme, tant Activision que EA, ont tenté sans toujours convaincre d’intégrer ces mécaniques dans leurs propres licences majeures.
À ce stade, on observe que :
- L’époque où chaque studio ambitionnait son « Call of Duty-like » appartient au passé.
- L’industrie expérimente désormais davantage qu’elle n’imite.
- L’intérêt pour la nouveauté dépasse celui pour la simple répétition.
L’avenir entre remise en question et possible renaissance
Faut-il pour autant enterrer ces franchises ? Pas si vite. Même amoindries dans leur prestige, elles conservent une base fidèle et continuent d’engranger des ventes solides. Les déclarations récentes d’Activision, affirmant vouloir tirer les leçons des derniers revers, ainsi que le rebond opéré par EA, témoignent d’une volonté manifeste de retrouver l’esprit pionnier qui fit jadis leur succès. À terme, seule une véritable innovation permettra peut-être à ces deux géants de reconquérir un secteur en perpétuelle mutation, ou alors verra-t-on émerger une nouvelle génération de titres phares pour prendre leur place définitive.