Call of Duty doit-il faire une pause ?

Image d'illustration. Call of Duty Activision / PR-ADN
En cassant son calendrier annuel, la franchise Call of Duty de l'éditeur américain Activision pourrait sortir de la répétition et reconquérir ses joueurs.
- La franchise Call of Duty souffre d’une baisse de qualité et d’un essoufflement dû à son rythme annuel.
- Le lancement raté de Black Ops 7 illustre un désamour des joueurs face à une formule devenue répétitive.
- Une pause et une refonte en profondeur apparaissent nécessaires pour relancer durablement la série.
Un succès en perte de vitesse
Difficile d’imaginer que la série Call of Duty existe depuis déjà 23 ans. Pour beaucoup, ce fut le théâtre de souvenirs marquants : des heures à partager les campagnes de World at War, à s’affronter sur le multijoueur de Black Ops 3, ou à se retrouver autour de WW2. Autrefois symbole de convivialité et d’innovation vidéoludique, la franchise traverse désormais une période trouble. Depuis quelques années, un constat s’impose : la qualité n’est plus au rendez-vous, l’enthousiasme des joueurs s’émousse, et le modèle du « toujours plus chaque année » atteint ses limites.
L’effondrement d’un géant
Le lancement catastrophique de Black Ops 7 a marqué un tournant. Jamais un épisode n’avait réalisé un si mauvais démarrage sur Steam, ni été autant boudé par les critiques et le public. Pour la première fois, la franchise s’est fait dépasser par Battlefield 6, symbole fort d’un désamour grandissant. Sur Steam, plus de 2000 avis anglais classent l’épisode comme « Mostly Negative », tandis que même son prédécesseur bénéficiait d’une réception mitigée mais plus nombreuse. Malgré tout, d’un point de vue purement technique ou graphique, rien ne trahit l’usure du concept. Pourtant, la réalité est là : gameplay figé dans ses routines depuis cinq opus au moins, mode solo bâclé, multijoueur sans nouveauté notable… L’impression de jouer à la même recette réchauffée pèse sur toute la communauté.
L’appel à une révolution et à une pause
Face à ce constat, Activision a tenté d’apaiser les fans en promettant « savoir ce qu’attendent les joueurs et vouloir dépasser ces attentes à l’avenir ». Mais peut-on vraiment croire qu’une révolution est possible avec un rythme annuel si effréné ? Les épisodes s’enchaînent sans laisser place à l’inventivité. L’exemple récent d’Assassin’s Creed, qui avait su se réinventer après avoir fait une pause entre deux volets critiqués, prouve que lever le pied peut sauver une licence.
À court terme, plusieurs arguments rendent une interruption nécessaire :
- L’arrivée annoncée du très attendu GTA 6 fin 2026 risque d’éclipser toute sortie concurrente.
- L’usure du modèle annuel fragilise durablement l’image du jeu.
- Soutenir davantage les opus existants avec des contenus additionnels fidéliserait la communauté.
Quelles perspectives pour Call of Duty ?
Continuer ainsi semble vouer Call of Duty au déclin. Un report jusqu’en 2027 laisserait enfin le temps d’une véritable refonte, pour redonner sens au solo comme au multijoueur et sortir du cercle vicieux des itérations vaines. En somme, arrêter temporairement la machine permettrait peut-être à cette franchise légendaire de retrouver sa superbe… si tant est qu’Activision accepte enfin de ralentir pour mieux avancer.
