Le succès de Black Flag Resynced relance la machine des remakes Assassin’s Creed. Et un épisode se détache nettement du lot.
En bref
- Ubisoft doit choisir entre de simples remakes et une refonte complète des anciens Assassin’s Creed.
- Certains épisodes méritent des améliorations ciblées, tandis que d’autres demanderaient une reconstruction en profondeur.
- Le premier Assassin’s Creed apparaît comme le candidat le plus logique à un remake ambitieux.
Le vrai sujet, ce n’est pas juste quel Assassin’s Creed revoir. C’est jusqu’où Ubisoft est prêt à aller. Après le bon démarrage critique et commercial d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced, l’idée d’une vague de remakes reprend de la force. Et là, il faut trancher entre retouches confortables et chantier complet.
La prudence ou la vraie reconstruction
Si Capcom a servi de modèle avec Resident Evil, la leçon est simple, un remake ne vaut quelque chose que s’il corrige vraiment le tir. Certains épisodes de la série Assassin’s Creed demandent juste des contrôles plus propres, moins d’écrans de chargement, une interface remise au goût du jour. D’autres réclament presque un reboot déguisé.
C’est ce qui rend le choix stratégique pour Ubisoft. Un remake proche d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced coûte moins cher à produire. Un remake plus ambitieux peut, lui, redonner du poids à un épisode abîmé par le temps ou par un lancement raté.
Les candidats du milieu : intéressants mais pas prioritaires
En bas du classement, Assassin’s Creed Syndicate n’a pas assez de gros défauts pour justifier une priorité. Il faudrait revoir les capacités de Jacob et Evie, enrichir les missions, retoucher le combat, et même reprendre une fin jugée ratée. Bref, beaucoup d’efforts pour un jeu qui n’en a pas cruellement besoin.
Assassin’s Creed III et Assassin’s Creed Rogue ont un meilleur dossier. Le premier gagnerait énormément avec une carte plus fluide, reliant Boston, New York, la nature et le domaine, sans cassure permanente. Le second, souvent sous-estimé parce qu’il était sorti le même jour qu’Assassin’s Creed Unity, profiterait naturellement des améliorations déjà vues sur Assassin’s Creed IV: Black Flag. Mais refaire du piratage juste après Assassin’s Creed Black Flag Resynced, ce n’est pas l’idée la plus fraîche.
Plus haut, Assassin’s Creed III: Liberation a un concept bien plus fort qu’on ne le dit, avec une héroïne aristocrate métisse à La Nouvelle-Orléans. Le problème, c’est l’ampleur du travail. Le jeu, limité à l’origine par la PlayStation Vita, demanderait une réinvention lourde, du récit au gameplay.
Les options prestigieuses mais lourdes
Il y a ensuite les remakes qui feraient parler tout le monde. Assassin’s Creed Unity, d’abord. Son lancement désastreux a laissé des traces, au point d’infléchir la trajectoire de la franchise avant Assassin’s Creed Origins. Pourtant, sous les bugs, il y avait quelque chose, le parkour, les missions en black box, et des visuels encore solides. Potentiel énorme, exécution incomplète.
La trilogie Ezio, elle, pose un autre problème. Assassin’s Creed II, Assassin’s Creed Brotherhood et Assassin’s Creed Revelations forment presque un seul grand arc, donc difficile d’en refaire un sans toucher aux autres. Contrôles datés, parkour peu fiable, combat trop basé sur les contres, éléments modernes à élaguer, chaque jeu a ses rustines. C’est séduisant, clairement, mais gigantesque.
Le premier Assassin’s Creed reste le choix le plus logique
Et le plus évident reste le premier Assassin’s Creed. Répétitif, raide, creux par endroits, avec une histoire qui décroche sur la fin, il accuse son âge plus que tous les autres. Mais c’est justement pour ça qu’il mérite le plus un remake.
Ubisoft pourrait y reconstruire les missions, densifier les cartes, revoir le swordplay et rendre Altaïr Ibn-La’Ahad plus cohérent avec sa version d’Assassin’s Creed Revelations. Oui, ce serait presque repartir de zéro. Mais c’est aussi l’épisode qui a le plus de marge de progression, et celui qui poserait les meilleures bases pour tout le reste. Un pari lourd. Le bon, quand même.