Army of Darkness : le troisième Evil Dead rebaptisé pour séduire le grand public

Image d'illustration. Army of DarknessUniversal Pictures / PR-ADN
Sorti en 1992, le film Army of Darkness marque la suite de la saga initiée par Evil Dead, mais surprend en abandonnant toute référence explicite à son titre d’origine. Ce choix soulève des interrogations sur les motivations derrière ce changement.
Tl;dr
- Universal Pictures a écarté le titre Evil Dead 3.
- Army of Darkness est devenu culte après l’échec au cinéma.
- La franchise Evil Dead prospère encore aujourd’hui.
Un chemin sinueux vers Army of Darkness
Dans le monde du cinéma d’horreur indépendant, rares sont les sagas qui traversent les décennies avec autant de rebondissements que la trilogie initiée par Sam Raimi et son complice Bruce Campbell. À l’origine, rien ne prédestinait ces jeunes gens de Detroit, armés de quelques milliers de dollars collectés auprès de proches, à révolutionner le genre. Leur premier film, The Evil Dead, tourné dans des conditions quasi spartiates – caméras louées, nuits glaciales et litres de faux sang – a pourtant rencontré un succès inattendu. Avec un budget dérisoire de 375.000 dollars, ils ont récolté plus de 2 millions aux États-Unis et un jackpot à l’international : 27 millions.
Des débuts modestes à la conquête des studios
Galvanisé par cette réussite, le réalisateur américain Sam Raimi signe en 1987 une suite déjantée, à savoir Evil Dead II: Dead By Dawn. Plus burlesque encore que l’original, ce second opus peine cependant à attirer le grand public malgré un budget revu à la hausse (3,5 millions) et les louanges des critiques. Ce semi-échec en salle allait peser lourd sur la destinée du troisième volet. Lorsque Universal Pictures décide d’accompagner la production d’un nouveau film – doté cette fois d’un budget de 11 millions – une exigence tombe : impossible de baptiser l’œuvre Evil Dead 3. Trop risqué commercialement.
Un virage médiéval inattendu
C’est donc sous le titre Army of Darkness, et non pas Medieval Dead comme le souhaitait Sam Raimi, que sort en 1993 ce nouvel épisode. Le scénario s’éloigne volontairement du schéma original : Ash, héros transporté au XIVème siècle après avoir ouvert un portail magique, se retrouve à batailler contre une armée de squelettes grotesques dans un Moyen Âge aussi absurde qu’effrayant. Les spécialistes du genre apprécient cet humour décalé et ses effets spéciaux artisanaux ; cependant, malgré l’appui d’un studio majeur, le film peine à remplir les salles (21,5 millions récoltés seulement).
L’héritage paradoxal d’un titre oublié
Pour tenter d’élargir son audience, Universal Pictures avait fait ce pari : rompre avec l’image sulfureuse des deux premiers volets. Ironie du sort, c’est grâce au marché vidéo que Army of Darkness, comme ses prédécesseurs, trouvera son public et deviendra culte. Rétrospectivement, l’insistance à gommer la marque Evil Dead paraît presque anecdotique. Aujourd’hui, cette franchise autrefois confidentielle s’impose comme une valeur sûre du cinéma d’horreur — entre remakes lucratifs et séries télévisées — prouvant que certains titres finissent toujours par rattraper leur destin.
Parmi les raisons invoquées par les producteurs pour justifier ce choix stratégique figurent notamment :
- Le faible score en salle des précédents films.
- L’envie d’attirer un nouveau public plus large.
Il faut croire qu’en matière de films cultes, la postérité a toujours le dernier mot.
