Xbox confie le prochain Halo à Activision après 268 licenciements chez Halo Studios. Un choix lourd pour une série déjà fragilisée.
En bref
- Microsoft confie la franchise Halo à Activision après 268 suppressions de postes chez Halo Studios.
- Cette décision intervient après l’accueil mitigé de Halo: Campaign Evolved.
- Les joueurs redoutent un Halo davantage inspiré des mécaniques et du modèle économique de Call of Duty.
Voir Halo glisser vers les recettes de Call of Duty, c’est précisément la peur qui remonte chez les joueurs les plus attachés à la franchise lancée en 2001 par Bungie puis reprise par feu 343 Industries. Et ce n’est pas une angoisse sortie de nulle part. Microsoft a acté un virage lourd, avec Activision désormais aux commandes du prochain épisode.
Un changement de mains qui dit beaucoup sur Xbox
Dans un billet consacré à la poursuite de son grand reset, la marque au X vert a détaillé une nouvelle vague de changements internes. Le point le plus marquant touche Halo Studios, avec 268 suppressions de postes annoncées le 22 septembre 2026, alors que la firme de Redmond disait déjà être aux trois quarts de sa restructuration globale.
Résultat, l’équipe restante chez Halo Studios devient un petit noyau chargé d’accompagner Activision sur l’avenir de la franchise. En gros, le développement ne se fera plus vraiment en interne. Ce qui reste de Halo Studios semble surtout orienté vers la communauté et le support des projets une fois commercialisés, pendant qu’une nouvelle équipe dédiée au sein d’Activision, distincte des équipes Call of Duty, récupère le prochain Halo.
Le faux pas de trop pour Halo Studios
Ce basculement arrive après l’accueil mitigé de Halo: Campaign Evolved, remake de Halo: Combat Evolved, le premier opus de la franchise Halo. Le jeu ajoutait trois missions préquelles et du contenu étendu, mais il s’est pris de plein fouet les critiques sur ses écarts avec l’original et sur l’absence de multijoueur en ligne.
Même avec une sortie sur PlayStation, une première pour la licence, les résultats ont été seulement corrects et les avis sont restés partagés. Pas mal de joueurs lient aussi ce manque de finition à une sortie précipitée, dans un contexte où les coupes semblaient déjà planer.
Pourquoi Activision ne rassure personne ?
Sur le papier, Activision a les moyens. Des ressources, des pipelines AAA rodés, une cadence industrielle que peu d’éditeurs savent tenir. Mais le passif compte, et celui d’Activision-Blizzard n’a rien de rassurant.
Les griefs sont connus sur Call of Duty, campagnes jugées fades, microtransactions agressives, battle pass partout, multijoueur décevant, problèmes de performances, mises à jour qui gonflent sans fin et tailles de fichiers absurdes. Il y a aussi l’instabilité des serveurs, un matchmaking réputé rigide, sans oublier des soucis de sécurité ayant exposé des données privées à des acteurs malveillants. Ajoutez les accusations d’images générées par IA sur certaines maps et les mauvais retours sur Call of Duty: Black Ops 6, Call of Duty: Black Ops 7 ou encore Call of Duty: Modern Warfare 3, souvent sortis dans des états jugés inachevés, et vous avez le décor.
Le vrai point de friction, l’identité même de Halo
Le nœud du problème est là. Les vétérans ne redoutent pas seulement une monétisation plus lourde, ils craignent un Halo dénaturé. Un jeu qui reprendrait les réflexes d’Activision jusque dans son gameplay et son marketing.
Sprint accentué, sliding, wall running, loadouts, UI/UX plus proche des standards FPS AAA du moment, hyper mobilité, solo plus court, matchmaking verrouillé, logique live service à la Call of Duty: Warzone. Quand même, tout cela rappelle exactement ce que beaucoup de fans n’ont pas aimé dans Halo 4 et Halo 5: Guardians. Bref, Microsoft change de pilote pour sauver la franchise, mais le choix d’Activision risque surtout d’ouvrir un nouveau front avec le public historique.