Crimson Desert bouscule nos certitudes sur la véritable définition d’un RPG

Image d'illustration. Crimson DesertPearl Abyss / PR-ADN
Avec ses choix de gameplay surprenants et sa narration hybride, Crimson Desert interroge les définitions établies du RPG dans le paysage vidéoludique actuel.
Tl;dr
- Crimson Desert divise les joueurs sur sa classification entre RPG et action-aventure.
- Beaucoup de joueurs confondent éléments de surface et véritable essence du jeu de rôle fondée sur les choix et la liberté narrative.
- Pearl Abyss assume une aventure ouverte aux influences variées où l’expérience prime sur l’étiquette du genre.
Un débat passionné sur la nature de Crimson Desert
Depuis sa première présentation, Crimson Desert ne cesse de faire parler de lui, mais pas forcément pour les raisons attendues. Loin d’une polémique sur son gameplay ou ses inspirations multiples, le jeu suscite une véritable controverse autour d’une question centrale : s’agit-il réellement d’un RPG, ou d’un simple action-aventure à monde ouvert ? Cette interrogation, relayée par les joueurs aussi bien que par le studio coréen Pearl Abyss, révèle un certain flou qui persiste depuis plusieurs années dans la définition même du genre.
Les critères d’un véritable RPG remis en question
La confusion ne date pas d’hier. Nombreux sont ceux à estimer qu’incarner un personnage dans un vaste univers suffit à qualifier un titre de « jeu de rôle ». Sur le réseau social X, l’utilisateur SnackBarChezLeon résumait ainsi la pensée dominante : « Est-ce que tu incarnes quelqu’un dans un monde ouvert ? C’est un RPG… Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de niveaux que ce n’est pas un RPG ». Mais ce raisonnement pousse à l’absurde : faudrait-il alors considérer Mario Kart, Animal Crossing ou même Portal comme des RPGs ? L’amalgame provient sans doute du fait que certains jeux adoptent des éléments de surface – arbres de compétences, mondes ouverts – sans jamais proposer l’essence même du genre.
En tentant d’y voir plus clair, beaucoup réduisent le RPG à une addition de mécaniques : progression via des niveaux, statistiques influençant les combats et l’exploration, choix déterminants pour la narration… Pourtant, ces critères techniques ne suffisent pas toujours à insuffler cet esprit si particulier propre au jeu de rôle, celui d’une liberté totale et d’une personnalisation profonde du récit.
Entre influences et identité assumée
Dès le départ, Pearl Abyss a affirmé haut et fort que son nouveau projet n’était pas un RPG classique. En effet, malgré la présence de quelques mécaniques proches du genre (compétences déblocables via l’exploration), on ne retrouve ni système d’expérience ni réelle montée en puissance par choix du joueur. Le héros Kliff évolue avant tout selon les capacités manuelles du joueur et les objets découverts au fil de l’aventure.
Pour illustrer cette nuance, prenons quelques exemples récents : si des titres comme Baldur’s Gate 3 ou Kingdom Come: Deliverance 2 incarnent pleinement la philosophie RPG avec une liberté narrative totale, d’autres productions telles que les derniers opus de la franchise Assassin’s Creed se contentent d’en reprendre l’habillage sans jamais offrir ce sentiment authentique d’incarnation.
L’essentiel demeure : l’expérience proposée aux joueurs
Alors finalement, peu importe le classement : ce qui compte reste la qualité de l’expérience offerte. Oui, Crimson Desert pioche dans certains codes du jeu de rôle – mais il s’affirme avant tout comme une grande aventure ouverte sur fond d’influences multiples. Les puristes peuvent ainsi savourer la clarté retrouvée des genres tandis que les amateurs profiteront de mécaniques familières dans un univers riche. Et plutôt que débattre sans fin sur l’étiquette idéale à apposer au jeu, peut-être devrions-nous simplement nous réjouir qu’un tel projet voie le jour.
