Le président de Samsung acquitté par la Cour suprême de Corée du Sud

Image d'illustration. SamsungSamsung / PR-ADN
Après une décennie de procédures, Jay Y. Lee est blanchi par la Cour suprême sud-coréenne.
- La Cour suprême de Corée du Sud a confirmé le non-lieu dans l’affaire de fraude visant Jay Y. Lee, héritier de Samsung, mettant fin à dix ans de procédures judiciaires.
- Jay Y. Lee a déjà purgé une partie de sa peine, puis bénéficié d’une grâce présidentielle dans ce dossier controversé lié à la fusion de Cheil Industries et Samsung C&T.
- Malgré ce soulagement juridique, Samsung fait face à une forte baisse de 56 % de son résultat opérationnel au deuxième trimestre 2024, à cause du ralentissement des ventes de puces dédiées à l’intelligence artificielle.
Jay Y. Lee échappe à la justice
Après des années de rebondissements, la plus haute juridiction sud-coréenne a définitivement levé l’incertitude pesant sur le président du géant technologique Samsung. La Daebeobwon (Cour suprême) a confirmé le non-lieu prononcé en appel dans l’affaire de fraude comptable et manipulation boursière qui poursuivait Jay Y. Lee, héritier du conglomérat. Il s’agissait d’un dossier vieux de près de dix ans, centré sur la fusion controversée entre Cheil Industries et Samsung C&T en 2015.
Des accusations finalement écartées
Le Geomchalcheong (ministère public) avait mis en cause l’industriel, l’accusant d’avoir truqué les cours en vue de renforcer son contrôle sur l’empire familial. Mais dès 2024, une cour inférieure avait estimé que les preuves manquaient à l’appui des allégations. Cette décision vient donc d’être entérinée par la Cour suprême, dissipant les soupçons qui pesaient encore sur la direction du numéro un coréen de la tech. Dans une déclaration transmise à Reuters, les avocats de Samsung ont salué un jugement qui «confirme le caractère légal de la fusion. »
Turbulences judiciaires et rebondissements politiques
L’histoire récente de Jay Y. Lee reste marquée par des épisodes judiciaires successifs : dès 2017, il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour corruption liée à ce même dossier avant que la Cour suprême ne casse le verdict et n’ordonne un nouveau procès. Au terme de cette nouvelle audience, il s’était vu infliger une peine réduite à trente mois dont dix-huit passés derrière les barreaux, avant une libération anticipée suivie d’une grâce présidentielle décidée par l’ex-chef d’État sud-coréen Yoon Suk Yeol. Ce dernier fait lui-même aujourd’hui face à ses propres démêlés judiciaires.
Les puces IA plombent les résultats de Samsung
Si ce dénouement judiciaire était largement anticipé par les observateurs, il offre désormais à Jay Y. Lee un nouveau souffle pour se concentrer pleinement sur les défis économiques rencontrés par son groupe. Parmi ceux-ci figure notamment une chute spectaculaire — 56% au deuxième trimestre 2024 — du résultat opérationnel, principalement attribuée au ralentissement des ventes de puces dédiées à l’intelligence artificielle. Reste à voir si ce soulagement juridique permettra au patron emblématique d’impulser une nouvelle dynamique alors que le secteur connaît des vents contraires persistants.
