Virtual Boy : le flop de Nintendo qui hante encore la VR moderne

Virtual Boy
Image d'illustration. Virtual Boy — Nintendo / PR-ADN

Sortie en 1995, la Virtual Boy reste la pire console de Nintendo. Un raté commercial qui a aussi collé une sale ombre sur Gunpei Yokoi.

En bref

  • Le Virtual Boy a été un échec commercial à cause de son prix, de son inconfort et de son catalogue limité.
  • Ce flop a durablement marqué Gunpei Yokoi, pourtant créateur de la Game Boy.
  • Malgré son échec, la console est aujourd’hui vue comme une précurseure de la réalité virtuelle.

On aime raconter que Nintendo ne rate jamais vraiment ses coups. C’est faux. Le Virtual Boy, lancée au Japon le 21 juillet 1995 puis le 14 août de la même année aux États-Unis, reste son pire accident industriel, et pas un petit faux pas qu’on range sous le tapis entre deux succès maison.

Même Nintendo a ses crashs industriels

La machine voulait vendre le futur. Elle a surtout vendu un malaise. Avec son affichage en 3D stéréoscopique et son gros viseur rouge, le Virtual Boy de Nintendo promettait une expérience immersive très en avance sur son époque. Sauf qu’en pratique, l’objet était cher, 180 dollars dès son lancement, pas franchement séduisant à regarder et surtout pénible à utiliser.

Les joueurs ont vite remonté les mêmes reproches, maux de tête, fatigue oculaire, vertiges. Résultat ? Une console restée à peine un an sur le marché avant d’être abandonnée. Et avec seulement 22 jeux sortis, on parle d’une des plateformes les plus éphémères de l’histoire du jeu vidéo. Quand même rude pour une boîte qui sortait du triomphe de la Game Boy.

Gunpei Yokoi : entre génie et bouc émissaire

Le plus dur, c’est que ce raté a collé à Gunpei Yokoi. L’homme n’était pas un second rôle chez Nintendo. Il y travaillait depuis 30 ans, il a créé la Game Boy, piloté Metroid et aussi Kid Icarus. En gros, un nom central dans l’ADN de la firme.

Comme il dirigeait le projet, la chute de le Virtual Boy a forcément rejailli sur lui. Nintendo n’a jamais dit publiquement qu’il était responsable, mais son départ en 1996, juste après l’arrêt de la machine, alimente depuis longtemps cette lecture. Difficile de ne pas y voir au moins une part de responsabilité attribuée en interne.

Une mauvaise idée ou en avance sur son temps ?

Et c’est là que l’histoire devient plus intéressante. Parce que l’idée de jouer en collant les yeux à un casque paraissait absurde en 1995, alors qu’aujourd’hui la VR fait partie du paysage, malgré des critiques parfois identiques sur l’inconfort ou les nausées. Même des casques récents, comme le Steam Frame, arrivent encore sur ce terrain glissant.

Des rumeurs disent aussi que Gunpei Yokoi lui-même ne jugeait pas la machine prête. Nintendo aurait voulu accélérer sa sortie pour se concentrer sur la N64, qui, elle, deviendra un énorme succès. Si c’est vrai, le Virtual Boy aurait peut-être eu droit à de meilleures finitions, côté ergonomie comme côté graphismes. Pas sûr que ça l’aurait sauvée, mais le procès est moins simple qu’un banal flop.

Bref, la machine ratée n’a pas disparu. En 2026, ses 22 jeux reviennent via Nintendo Switch Online Classics, avec en prime un accessoire Switch 2 qui ressuscite ce drôle d’objet. Échec commercial, oui. Cul-de-sac technologique, pas tout à fait.

CodexZéro

Spécialiste Pop Culture

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