Tomb Raider : la création tourmentée d’une aventurière culte

Image d'illustration. Tomb RaiderCrystal Dynamics / PR-ADN
Avant de devenir icône planétaire, Lara Croft a failli être une simple copie d’Indiana Jones.
Tl;dr
- Créée pour se démarquer d’Indiana Jones, Lara Croft s’inspire de figures féminines fortes et de la pop culture des années 1990.
- Son identité s’affine avec le prénom « Lara » et le patronyme « Croft », trouvé par hasard dans un annuaire.
- Son style unique et ses adaptations multiples en ont fait une héroïne culte bien au-delà du jeu vidéo.
Les origines tourmentées d’une héroïne pas comme les autres
À l’évocation du nom de Lara Croft, rares sont ceux qui ignorent la silhouette emblématique de la chasseuse de trésors britannique. Pourtant, avant d’entrer dans la légende avec le premier Tomb Raider en 1996, l’aventurière née dans les studios de Core Design n’était qu’une idée flottante, ballotée entre influences et tâtonnements. Le tout premier croquis signé Toby Gard – graphiste principal – s’apparentait dangereusement à un certain archéologue célèbre, armé d’un fouet et coiffé d’un chapeau : « Nous nous sommes vite rendu compte que ça ressemblait trop à Indiana Jones ». Poussés à innover, lui et son équipe imaginent alors une figure féminine, inspirée par les héroïnes de Virtua Fighter, la pop star suédoise Neneh Cherry ou encore la farouche Tank Girl.
L’évolution du nom : une histoire locale… et mondiale
Mais l’histoire ne s’arrête pas là : le personnage s’appelle d’abord « Laura Cruz », censée évoquer ses racines sud-américaines. C’est finalement sous l’impulsion du co-créateur Paul Douglas qu’elle devient « Lara » – diminutif de Larissa, choisi pour sa signification grecque : « citadelle ». Quant au célèbre patronyme « Croft », il est pioché par hasard dans l’annuaire téléphonique de Derby, ville natale du studio. Anecdote savoureuse : depuis 2010, un tronçon urbain porte fièrement le nom de « Lara Croft Way », plébiscité par 89% des habitants lors d’un vote public.
Pistolets et inspirations cinématographiques inattendues
Le style combatif et acrobatique de Lara Croft, devenu signature dès le premier épisode, ne doit rien au hasard. En réalité, Toby Gard cite volontiers le film culte hongkongais Hard Boiled du réalisateur John Woo, dont l’art du « gun-foo » mêle arts martiaux et ballets armés. Quelques touches issues des courts-métrages originaux Aeon Flux se glissent également dans la gestuelle nerveuse et agile de Lara, créant un mélange inédit qui marquera durablement le genre action-aventure.
Lara au-delà des jeux vidéo : adaptations et curiosités méconnues
Si les adaptations cinématographiques avec Angelina Jolie puis Alicia Vikander sont passées à la postérité (la suite prévue avec Vikander ayant finalement été annulée), la franchise a exploré bien d’autres territoires. Citons notamment :
- Tomb Raider: The Legend of Lara Croft, une série animée produite par Netflix ;
- Un projet Amazon mené par Phoebe Waller-Bridge avec Sophie Turner à l’affiche ;
- Revisioned: Tomb Raider, une série anthologique diffusée sur GameTap en 2007.
Ce dernier programme reste sans doute le plus discret mais aussi le plus singulier. Imaginée comme une anthologie rassemblant des figures majeures du comics (Ivan Reis, Jim Lee…) et animée par Minnie Driver pour prêter sa voix à Lara, elle demeure disponible en intégralité sur YouTube – clin d’œil ultime à la longévité hors norme d’une héroïne devenue icône mondiale.
