Avant les castings géants de Super Smash Bros., un jeu SNK avait déjà tout compris. Et son héritage pèse encore sur le versus fighting.
En bref
- The King of Fighters ’94 réunit plusieurs licences de SNK dans un même jeu, une idée novatrice en 1994.
- Ses 24 personnages et ses équipes de trois ont permis à Kyo, Iori, Terry et d’autres de devenir des figures durables du jeu de combat.
- Son concept de crossover et de combats en équipes a marqué durablement le genre, jusqu’à inspirer l’esprit de nombreuses franchises populaires.
Trente-deux ans plus tard, The King of Fighters ’94 reste un point de bascule. Pas juste un bon vieux jeu de baston. Un titre qui a compris très tôt qu’un crossover bien pensé pouvait transformer une série en événement, puis en héritage durable.
À l’époque, les années 1990 débordent déjà de monuments. Street Fighter 2 a retourné le genre, pendant que Mortal Kombat et Killer Instinct poussent chacun leur formule. En face, SNK, rival direct de Capcom, ne se contente pas de répondre avec Fatal Fury. L’éditeur finit par assembler ses propres univers dans un même jeu, et ça change pas mal de choses.
Un crossover avant que tout le monde s’y mette
Sorti en arcade en 1994, The King of Fighters ’94 débarque la même année que Darkstalkers, Tekken, Super Street Fighter 2: Turbo et Killer Instinct. Beau line-up, clairement. Mais le jeu de SNK a un atout que les autres n’ont pas sous cette forme, un casting qui pioche dans plusieurs licences maison.
On y retrouve Terry Bogard de Fatal Fury, Ryo Sakazaki de Art of Fighting, Ralf et Clark venus de Ikari Warriors, ainsi qu’Athena Asamiya de Psycho Soldier. Et c’est là que le jeu marque. Il ne célèbre pas seulement d’autres jeux de combat, il mélange aussi des franchises qui ne viennent pas toutes du versus fighting.
Un roster massif, et des héros qui ont tenu 30 ans
Avec 24 personnages, le roster est énorme pour 1994, et reste très solide même aujourd’hui. Chaque combattant appartient en plus à une équipe scénarisée, comme la team Fatal Fury avec Terry Bogard, Andy Bogard et Joe Higashi. Une idée reprise bien plus tard par Marvel Tokon: Fighting Souls, attendu en 2026.
Le plus fort, c’est que la série ne vit pas seulement sur ses invités internes. Elle crée aussi ses propres têtes d’affiche. Kyo Kusanagi, Iori Yagami, Benimaru Nikaido, Goro Daimon, K’, Rugal Bernstein, Kula Diamond ou Ash Crimson sont devenus des figures majeures du genre. Même les personnages plus obscurs gardent une vraie base de fans, au point que Shingo, longtemps vu comme un perso blague, a fini par arriver dans The King of Fighters XV grâce à la demande des joueurs.
La formule qui a laissé des traces jusqu’à Super Smash Bros.
Le plus malin, c’est que ce casting XXL ne flingue pas le gameplay. The King of Fighters ’94 impose des équipes de trois contre trois, sans tag, sans assist, sans filet. Vous devez apprendre vos trois combattants et comprendre comment chacun interagit avec les systèmes du jeu.
Cette structure a nourri les épisodes annuels suivants, puis d’autres séries. Le cas le plus parlant reste Super Smash Bros.. Masahiro Sakurai a déjà cité The King of Fighters parmi ses séries favorites, et ça se voit dans l’idée d’un jeu de combat pensé comme une réunion de licences. Nintendo a rendu la formule plus accessible et l’a emmenée ailleurs, mais l’ADN est là. Sans la rencontre entre Terry et Athena, l’idée de voir Steve de Minecraft croiser Sephiroth de Final Fantasy 7 dans la même arène aurait sans doute eu une autre histoire.