Le retour de Star Fox 64 remet la série sous les projecteurs. L’occasion de ressortir cinq détails méconnus qui racontent aussi la gestion très étrange de Nintendo.
En bref
- Le remake de Star Fox 64 remet en lumière les coulisses parfois chaotiques de la licence.
- Entre lore inachevé, contenu coupé et personnages oubliés, Nintendo a laissé de nombreuses curiosités derrière elle.
- Même le nom européen Lylat Wars est né d’une simple précaution juridique plutôt que d’un choix créatif.
Le plus frappant avec le retour de Star Fox 64 via un remake sur Nintendo Switch 2, ce n’est pas juste la nostalgie. C’est de voir à quel point Nintendo a laissé cette série exister par petits bouts, entre vieux comics, contenu coupé et décisions business très terre à terre. Pour une licence culte, la gestion a quand même eu un côté bricolage de luxe.
Une mythologie bancale, même pour le héros
On connaît bien le père de Fox McCloud, James, fondateur de l’équipe et victime de Andross après la trahison de Pigma. Sa mère, en revanche, a longtemps été un trou noir.
Pendant des années, elle n’apparaissait vraiment que dans un comic lié à Nintendo Power, publié en 1993, où elle était appelée Vixy Reinard et donnée pour morte, elle aussi tuée par Andross. Sauf que Takaya Imamura a ensuite expliqué que ce comic n’était pas canon. Dans la continuité officielle, son nom n’a toujours pas été confirmé, mais elle vit sur Papetoon et serait éloignée de son fils, parce qu’il a choisi de suivre la route de son père. Résultat, un pan entier du lore repose sur une correction tardive.
Quand l’univers cache des zones grises
Il y a aussi Yaru de Pon, ce tanuki aperçu uniquement dans le mode Training de Star Fox 64 et de ses remakes. À première vue, rien de plus qu’un PNJ oublié au fond du hangar.
Mais en creusant, ça devient plus sale. Le site japonais de Star Fox 64 et le profil Holoviewer du remake de 2026 indiquent qu’il préside Space Dynamics, une entreprise qui fabrique véhicules et armes. Slippy laisse entendre qu’il manigance quelque chose, au point de sous-entendre qu’il vaudrait mieux ne pas le dire trop fort. En gros, la théorie est simple, Yaru de Pon aurait pu vendre aux deux camps des Lylat Wars. Et la référence supposée à Henry du Pont, enrichi par la poudre à canon pendant la Civil War, n’aide pas à rendre le personnage plus net.
Des idées coupées, mais jamais vraiment oubliées
Autre détail savoureux, Fox McCloud a failli débarquer dans Mario et Luigi: Superstar Saga. Les développeurs avaient même créé des sprites pour plusieurs membres de l’équipe.
Mais le temps a manqué, et la séquence finale a été modifiée avec Professor E. Gadd à la place. Les fichiers sont pourtant encore là dans le code, avec les animations. Des fans ont restauré l’ensemble, réinjectant Fox, Peppy et Slippy. Ce n’est pas un détail anodin, ça montre comment Nintendo multipliait les ponts internes entre licences, même quand ça finissait sur le cutting room floor.
Pourquoi Star Fox 64 n’a presque jamais replongé sous l’eau ?
Le niveau d’Aquos a toujours eu un côté ovni. Normal, il est le survivant d’une idée que Nintendo a largement abandonnée.
L’équipe voulait davantage de séquences aquatiques pour casser le rythme des combats spatiaux, avec passage au sol via le Landmaster. Sauf que les playtests ont jugé ces affrontements sous-marins trop lents, trop lourds, loin de l’action pure qui fait le sel de Star Fox 64. La plupart des niveaux ont sauté. Aquos, lui, a tenu bon.
Le changement de nom européen, pur réflexe juridique
Et puis il y a ce renommage resté célèbre. En Europe, Star Fox 64 s’appelait Lylat Wars.
La raison n’avait rien de créatif. Nintendo craignait qu’avec un accent allemand, Star Fox sonne trop près de StarVox, une société allemande, avec à la clé un risque de procès. Du coup, le changement a été étendu à tout le territoire européen pour garder une marque cohérente. Même logique auparavant avec Starwing. Il a fallu attendre Star Fox Adventures pour voir la série réunifiée sous le même nom partout. Pas très glamour, mais terriblement révélateur de l’envers de l’industrie.