Sorti en 1986, Rampage a transformé le fantasme du film de monstres en pur jeu d’arcade. Et il a fini par devenir bien plus qu’une borne culte.
En bref
- Sorti en 1986, Rampage inverse les rôles en faisant incarner des monstres géants dont l’objectif est de détruire la ville, un principe simple et immédiatement compréhensible.
- Inspiré des films de monstres comme King Kong et Godzilla, le jeu mise sur le chaos coopératif et le plaisir de la destruction plutôt que sur une histoire complexe.
- Adapté sur de nombreuses consoles, décliné en plusieurs suites puis en film en 2018, Rampage reste une franchise emblématique grâce à son concept intemporel.
Beaucoup de jeux de 1986 ont fini dans le brouillard de l’histoire. Rampage, lui, tient encore debout. Pas grâce à une narration géniale ou à une techno folle, mais parce que son pitch avait tout compris: vous n’êtes pas celui qui sauve la ville, vous êtes le problème.
Quand l’arcade inverse le rôle du héros
Sorti en 1986 chez Bally Midway, Rampage permettait à trois joueurs de contrôler des humains changés en monstres géants. George, un singe colossal. Lizzie, un lézard géant. Ralph, un loup-garou immense. Le but, lui, ne faisait pas semblant: grimper aux immeubles, les réduire en gravats, encaisser les attaques militaires et continuer à casser.
C’est ça, le vrai génie du jeu. En une poignée de secondes, tout le monde comprenait. Pas besoin de tutoriel, pas de système opaque. Vous choisissez un monstre, vous frappez un building, et la borne fait le reste. Pour l’arcade, clairement, c’était une arme fatale.
King Kong, Godzilla… et une influence plus pointue
Évidemment, impossible de voir George et Lizzie sans penser à King Kong et Godzilla. La filiation est là, et elle est assumée dans l’ADN du jeu. Mais l’histoire est un peu plus fine que ça.
Le designer Brian Colin a expliqué que George venait de son admiration pour Willis O’Brien et Ray Harryhausen, avec King Kong comme influence majeure. Pour Lizzie, en revanche, la base revendiquée n’était pas Godzilla, mais Ymir, créature du film de 1957 20 Million Miles to Earth. Et ça se tient. Rampage baigne dans la culture des monstres géants, sans copier bêtement une licence connue. Les limites techniques des bornes des années 1980 ont aussi façonné ce look, avec des créatures assez massives pour dominer l’écran, mais adaptées à une action en défilement latéral.
Le vrai coup de génie, c’était le chaos partagé
Là où Rampage frappait fort, c’est qu’il transformait la destruction, d’habitude punie dans le jeu vidéo, en objectif principal. Résultat? Un défouloir total.
Et à trois, c’était encore mieux. L’expérience reposait autant sur le chaos collectif que sur le score. Le ton comptait aussi pas mal. Le scénario d’origine expliquait que les monstres étaient d’anciens humains, et la séquence d’intro utilisait même des photos de Brian Colin, de sa femme Rae et du programmeur Jeff Nauman. Une idée absurde, donc parfaite.
D’une borne à Hollywood, la franchise a tenu bon
Le jeu a vite quitté les salles d’arcade pour débarquer sur Nintendo Entertainment System, Amiga, Commodore 64, Atari 7800, Sega Master System et Atari 2600. Ensuite, la série a enchaîné avec Rampage World Tour en 1997, Rampage 2: Universal Tour en 1999, Rampage Through Time en 2000 et Rampage: Total Destruction en 2006.
Le passage à Hollywood est arrivé en 2018 avec un film porté par Dwayne Johnson. Le principe était remanié, avec des animaux transformés en créatures géantes par manipulation génétique, mais le cœur du projet restait le même. Un monstre énorme, une ville en face. Bon, difficile de faire plus lisible. C’est aussi pour ça que, quarante ans plus tard, Rampage n’a pas disparu.