RAM et SSD : la flambée qui pourrait durer jusqu’en 2028

Image d'illustration. Serveurs informatiquesADN
Les prix de la RAM et des SSD explosent sous la pression de la demande liée à l’intelligence artificielle.
Tl;dr
- Micron abandonne sa marque grand public Crucial pour réorienter toute sa production vers les géants de l’IA, provoquant une rupture majeure sur le marché de la mémoire.
- Cette priorité donnée aux centres de données exacerbe une pénurie déjà critique, entraînant une flambée historique des prix de la RAM et des SSD, appelée à durer jusqu’au-delà de 2028.
- Les constructeurs comme les consommateurs sont touchés : stocks insuffisants, tensions internes chez Samsung, et hausses annoncées chez Xiaomi, Realme et d’autres, laissant présager un avenir sombre pour le matériel grand public.
La ruée vers la mémoire : l’IA bouleverse le marché mondial
Les annonces récentes du groupe Micron agitent l’industrie des semi-conducteurs. Dès l’année prochaine, le fabricant américain mettra fin à la commercialisation de sa marque grand public Crucial, synonyme pour beaucoup de mémoire vive et de stockage abordables. Ce retrait n’est pas anodin. En se concentrant désormais sur ses « clients stratégiques » opérant dans les secteurs en pleine explosion, comme les centres de données spécialisés dans l’intelligence artificielle, Micron acte une bascule historique du marché.
La demande effrénée en ressources pour alimenter des IA toujours plus gourmandes – incarnées par OpenAI, Google, Apple, ou encore Microsoft – provoque un effet domino sur toute la chaîne d’approvisionnement. Ce bouleversement s’accompagne d’une pénurie aiguë de composants essentiels : NAND flash, puces RAM ou SSD destinés aux ordinateurs personnels comme aux smartphones.
Pénuries et envolée des prix : le consommateur sacrifié ?
Il suffit d’observer l’évolution récente des tarifs pour saisir l’ampleur du phénomène. Il y a moins de six mois, un kit Crucial Pro DDR5 64 Go oscillait entre 75 et 90 dollars. Aujourd’hui ? Plus près de 470 dollars sur Amazon, voire au-delà chez certains revendeurs. Même chez Microcenter, réputé pour ses prix agressifs, il faut compter presque 300 dollars… à condition d’être prêt à traverser plusieurs États américains pour espérer repartir avec son précieux composant.
Ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg : les spécialistes estiment que cette hausse vertigineuse – +500% sur certaines barrettes RAM, +100% sur les SSD selon CyberpowerPC et Maingear – pourrait perdurer bien au-delà de 2028. Les deux mastodontes sud-coréens Samsung et SK Hynix, qui contrôlent plus des deux tiers du marché mondial de la DRAM, confessent leur incapacité à ouvrir suffisamment d’usines avant cette échéance. D’ailleurs, toute nouvelle production semble déjà réservée à l’avance.
Tensions inédites entre constructeurs et divisions internes
L’impact ne se limite pas aux consommateurs finaux. Les fabricants eux-mêmes peinent à sécuriser leurs propres stocks : au sein même du géant coréen Samsung, la division dédiée aux smartphones (MX) n’a pu obtenir qu’un contrat trimestriel auprès du département composants (DS), qui préfère privilégier la rentabilité au soutien interne dans ce nouveau « super-cycle » mémoriel.
Dans ce contexte incertain, certains acteurs tirent déjà la sonnette d’alarme :
- D’après Reuters, des groupes chinois tels que Xiaomi ou Realme anticipent une hausse de 20 à 30% des prix dès juin 2026.
- Même les constructeurs occidentaux envisagent une répercussion massive sur le coût final des PC portables et cartes graphiques.
L’avenir s’assombrit pour le matériel grand public
La disparition annoncée de la gamme grand public Crucial chez Micron pourrait bien n’être qu’un premier signal. D’autres marques pourraient suivre le mouvement, reléguant durablement les PC gamers et assembleurs au second plan face aux appétits insatiables du secteur IA. Face à cette nouvelle donne, nombre d’experts recommandent déjà aux consommateurs avertis d’investir dès maintenant dans leur matériel… avant une prochaine flambée inévitable.
