Quigley Down Under : un western oublié mais mythique

Image d'illustration. Quigley Down UnderPathé Entertainment / PR-ADN
Malgré un accueil mitigé, Tom Selleck livre une prestation marquante qui a contribué à la postérité culte du film.
Tl;dr
- Tom Selleck commence modestement sa carrière après avoir quitté ses études de commerce pour le théâtre, enchaînant de petits rôles à la télévision.
- Sa consécration arrive avec Magnum, P.I. et le succès cinéma inattendu de Three Men and a Baby, mais Quigley Down Under rencontre un accueil mitigé.
- Malgré son échec commercial et critique, Quigley Down Under devient culte chez les amateurs d’armes à longue distance, laissant une postérité inattendue.
Des débuts modestes à l’ascension à Hollywood
Au fil des années, le parcours de Tom Selleck illustre à merveille les aléas d’Hollywood. Avant de devenir un visage familier du petit et du grand écran, l’acteur s’était surtout distingué par ses prouesses sportives, jonglant entre basket et baseball durant ses études à l’USC. Ce n’est qu’à la fin de sa scolarité que l’idée d’embrasser une carrière théâtrale lui est soufflée. Il abandonne alors ses études de commerce pour rejoindre le Beverly Hills Playhouse. Les premiers pas sont modestes : des apparitions fugaces dans des séries comme Charlie’s Angels, Mannix ou The Rockford Files, mais son charisme naturel séduit rapidement les directeurs de casting.
L’échec discret d’un western australien ambitieux
La véritable consécration arrive en 1980 avec Magnum, P.I., où il campe le rôle-titre pendant huit saisons. À la veille de tirer sa révérence à la télévision, il triomphe aussi au cinéma grâce à Three Men and a Baby, blockbuster inattendu signé Leonard Nimoy. Pourtant, lorsque sort en 1990 le western australien Quigley Down Under, l’accueil reste tiède. Réalisé par Simon Wincer, ce film met en scène un tireur d’élite américain, engagé par un éleveur sans scrupule – campé par l’inimitable Alan Rickman. Découvrant que sa mission consiste à éliminer les populations autochtones australiennes, Quigley refuse et devient le défenseur des opprimés. L’intrigue s’étoffe grâce au personnage de Cora (Laura San Giacomo) et une distribution australienne solide, dont un jeune Ben Mendelsohn.
Cinéma engagé, mais succès manqué
Pourtant, malgré ses thématiques fortes – la dénonciation du massacre des Aborigènes au XIXème siècle –, le film peine à convaincre. Un chiffre illustre cet échec : 21,4 millions de dollars de recettes pour un budget de 18 millions. Plusieurs facteurs expliquent cette déconvenue :
- L’effet Crocodile Dundee s’essouffle aux États-Unis à la fin des années 1980.
- Dances With Wolves, sorti simultanément, écrase la concurrence tant critique que publique.
- L’esthétique grindhouse originelle du scénario (écrit en 1974) s’efface face au jeu affable de Tom Selleck.
D’une œuvre oubliée à une référence culte chez les passionnés d’armes longues distances
Du côté des critiques, le verdict n’est guère plus clément : Roger Ebert pointe une histoire convenue, Gene Siskel sauve tout juste la prestation d’Alan Rickman. Owen Gleiberman est encore plus sévère. Pourtant, ironie du sort : si Quigley Down Under n’a pas marqué son époque en salles, il accède depuis lors à un certain statut culte. Diffusé abondamment sur les chaînes câblées dans les années 1990, il devient même une référence chez les amateurs de tirs impossibles : réussir un coup spectaculaire serait ainsi désormais « faire un Quigley ». Une postérité inattendue pour un western oublié… mais pas par tous.
