Metroid : l’ombre d’Alien au cœur du jeu

Image d'illustration. MetroidNintendo / PR-ADN
L’univers sombre et organique de Metroid témoigne d’un hommage constant à l’œuvre culte de Ridley Scott.
Tl;dr
- La saga Metroid puise son esthétique sombre et anxiogène dans l’influence du film Alien de Ridley Scott, de ses créatures à ses environnements.
- Le choix de Samus Aran comme héroïne reflète également l’inspiration du personnage d’Ellen Ripley et marque une rupture dans les jeux d’action des années 1980.
- Les tentatives d’adaptation cinématographique de Metroid restent incertaines, mais tout projet devra respecter l’héritage Alien profondément ancré dans la franchise.
Des racines cinématographiques indéniables
Difficile d’aborder l’univers de Metroid sans évoquer l’ombre imposante de la saga Alien. L’influence du film culte réalisé par Ridley Scott en 1979 imprègne jusqu’à la moelle la franchise vidéoludique lancée par Nintendo. Dès sa sortie en 1986 sur la Famicom, alors que le jeu vidéo domestique vit une petite révolution avec des titres comme Super Mario Bros. ou The Legend of Zelda, Metroid se démarque. Il transporte les joueurs dans une ambiance sombre et anxiogène, à mille lieues des mondes féeriques des autres licences maison.
L’héritage Alien : du design à la narration
Le parallèle n’a rien d’un hasard. Le directeur historique de la série, Yoshio Sakamoto, l’a confirmé sans détour : « Depuis mes débuts sur Metroid, j’ai été influencé par des films comme Alien ». De l’esthétique organique et mécanique inspirée de H.R. Giger, à l’idée même d’une espèce prédatrice venue d’ailleurs menaçant toute une galaxie, chaque recoin du jeu rend hommage à cette mythologie SF. Certains détails sont flagrants pour les initiés :
- L’antagoniste principal se nomme Ridley… clin d’œil direct à Ridley Scott.
- La présence d’un super-ordinateur nommé Mother Brain rappelle étrangement l’ordinateur Mother du vaisseau Nostromo.
- L’introduction des Chozo, race ancienne et créatrice des Metroids, fait écho aux fameux Ingénieurs dans les préquels Prometheus et Covenant.
L’empreinte féminine et les influences persistantes
Au-delà de l’atmosphère visuelle ou sonore, le choix d’une héroïne – Samus Aran – a aussi marqué les esprits. À une époque où il était rare de placer une femme au cœur d’un jeu d’action, certains y voient un clin d’œil subtil à Ellen Ripley, interprétée par Sigourney Weaver dans Alien. Même la chevelure pixelisée de Samus évoque le personnage culte du cinéma. Pourtant, selon Sakamoto : « L’idée est née spontanément lors du développement, quand un membre de l’équipe a suggéré : « Et si le personnage sous le casque était une femme ? » »
Cinéma : espoirs et blocages autour de Metroid
Alors que le succès du film d’animation The Super Mario Bros. Movie relance l’intérêt pour les adaptations hollywoodiennes des franchises Nintendo — rappelons que le live-action calamiteux de 1993 reste dans toutes les mémoires — un projet Metroid avait déjà tenté d’éclore dans les années 2000 avec John Woo. Faute d’accord entre la firme de Kyoto et les studios, le film n’a jamais vu le jour. Aujourd’hui, avec la sortie annoncée de Metroid Prime 4: Beyond, un regain d’intérêt n’est pas exclu. Reste à savoir si cette licence plus sombre saura trouver sa place sur grand écran aux côtés des mastodontes comme Mario ou Zelda… Une certitude : toute adaptation devra assumer son héritage Alien, impossible à effacer du code génétique même de Metroid.
