Le jour où Doom a remis l’action pure au centre du jeu vidéo

Doom
Image d'illustration. Doom — Bethesda / PR-ADN

Considéré comme un pari risqué avant sa sortie, le reboot de Doom est finalement devenu l’un des jeux les plus influents de sa génération grâce à son retour assumé aux fondamentaux du shooter arcade.

Tl;dr

  • Le reboot de Doom en 2016 a relancé le genre FPS en revenant à une action rapide, brutale et sans interruptions inutiles.
  • Son gameplay agressif, basé sur le mouvement constant et la récupération de ressources en combattant, a profondément influencé le genre.
  • Avec Doom Eternal puis Doom: The Dark Ages, la série prouve que les mécaniques classiques peuvent encore moderniser le jeu vidéo aujourd’hui.

Un retour fracassant aux sources du FPS

En 2016, l’industrie vidéoludique semblait avoir figé le first-person shooter (FPS) dans une routine de scripts et de séquences spectaculaires, bien loin du chaos instinctif des origines. Pourtant, un titre a bouleversé la donne : le reboot de Doom, porté par les équipes de id Software, Panic Button et Bethesda. À l’époque, la saga semblait à bout de souffle : après un épisode orienté horreur en 2004 puis des années d’absence marquées par quelques portages, difficile d’imaginer un véritable renouveau.

L’audace d’un gameplay pur et nerveux

Les premières images dévoilées en 2015 avaient pourtant laissé sceptiques : trop de cinématiques, un accent sur le multijoueur… Le doute planait. C’est finalement la présentation du mode solo qui a dissipé toutes les craintes. Sur fond de riffs métalliques signés Mick Gordon, ce nouveau Doom misait tout sur la vitesse, l’agressivité et des arènes de combats effrénées où chaque affrontement récompensait l’initiative plutôt que la prudence. La philosophie dite « push forward combat » s’imposait : pour récupérer santé et munitions, il fallait avancer, exécuter ses adversaires avec violence et ne jamais s’arrêter. D’un coup, la nostalgie arcade reprenait le dessus sur la mise en scène hollywoodienne.

Un impact profond et durable sur le genre

Dès sa sortie le 13 mai 2016, l’accueil fut triomphal : critiques comme joueurs saluaient son rythme haletant, son refus des interruptions pédagogiques et son audace à remettre l’action pure au centre du propos. Il n’est donc pas étonnant que ce succès ait influencé toute une génération de jeux d’action. Voici quelques évolutions majeures impulsées par ce reboot :

  • Mouvement rapide : double-sauts et repositionnements constants sont devenus monnaie courante.
  • Ressources dynamiques : la survie passe par l’agression plutôt que l’attente.
  • Bande-son immersive : un lien désormais indissociable entre musique rythmée et intensité du gameplay.

Une série qui inspire toujours les développeurs

La réussite du reboot ne s’est pas limitée à une parenthèse brillante. Avec Doom Eternal, sorti en 2020, puis Doom: The Dark Ages en 2025, la franchise affiche une vitalité rare dans le paysage vidéoludique actuel. Loin d’être cantonné aux nostalgiques des années 1990, ce retour aux sources séduit autant les nouveaux venus que les vétérans, preuve s’il en fallait que la formule imaginée par id Software en 1993 peut encore bousculer les codes plus de vingt ans plus tard.

En définitive, le succès retentissant de ce nouvel opus confirme une chose essentielle : dans le jeu vidéo comme ailleurs, revenir à l’essentiel peut être bien plus audacieux qu’il n’y paraît.