Golden Sun : la licence sacrifiée de Nintendo

Golden Sun
Image d'illustration. Golden Sun — Camelot Software Planning / PR-ADN

Lancé sur Game Boy Advance, Golden Sun reste l’un des JRPG les plus aimés de Nintendo. Vingt-cinq ans après, son retour paraît évident.

En bref

  • Golden Sun est un JRPG culte que Nintendo a laissé de côté malgré son succès.
  • La franchise s’est démarquée par son histoire ambitieuse et son gameplay original.
  • Golden Sun est au point mort depuis 2010, alors que les fans réclament un remake ou une suite.

Vingt-cinq ans plus tard, le constat pique un peu. Golden Sun, l’un des JRPG les plus marquants de la Game Boy Advance, existe toujours dans la mémoire des joueurs, mais presque plus dans la stratégie de Nintendo. Sorti le 1er août 2001 au Japon (puis le 11 novembre 2001 aux États-Unis et le 22 février 2002 en Europe), le jeu développé par Camelot Software Planning est aujourd’hui disponible sur Nintendo Switch. Et ça rappelle surtout une chose, Nintendo a laissé dormir une licence qui avait bien plus qu’un rôle de curiosité culte.

Un pari très clair contre Final Fantasy

À l’époque, Final Fantasy dominait largement l’imaginaire du genre. Golden Sun n’arrive pas par hasard. Le projet, porté par Takahashi et Shugo Takahashi chez Camelot Software Planning, devait justement permettre à Nintendo de jouer sur le terrain du RPG face à Square Enix.

Le plus intéressant, c’est son parcours de production. Pensé d’abord pour la Nintendo 64, le jeu a finalement basculé sur la Game Boy Advance quand la console de salon arrivait en bout de course. Sur le papier, ça pouvait ressembler à un repli. En pratique, c’était tout sauf petit.

Deux jeux, deux camps, une vraie ambition

Dans le monde de Weyard, Golden Sun puis Golden Sun: The Lost Age suivent deux groupes d’adeptes, de jeunes utilisateurs de magie liés aux forces de l’alchimie et ses pierres élémentaires. Leur but, selon le camp, consiste à libérer ou à contenir ce pouvoir.

C’est là que la série trouvait sa personnalité. En coupant son récit en deux jeux, à un an d’écart, elle montrait les deux faces du conflit au lieu de rester dans l’opposition basique héros contre méchants. Le résultat était plus nuancé que beaucoup de fantasy japonaises du moment, avec un vrai souffle épique malgré les limites d’une portable.

Et il y avait le reste, quand même. Une direction artistique lumineuse, des effets de pouvoirs impressionnants pour l’époque, et 28 Djinns à collectionner qui enrichissaient les combats et les possibilités de jeu.

Succès critique, ventes solides, puis plus grand-chose

Les deux premiers épisodes ont été salués à leur sortie pour la qualité de leur gameplay et de leur récit. Les ventes n’ont pas suivi au même niveau que les critiques, mais parler d’échec serait faux. Ensemble, ils ont dépassé les 2,75 millions d’exemplaires dans le monde.

Puis la série s’est éteinte. Golden Sun: Dark Dawn, lancé en 2010 sur Nintendo DS, n’a pas retrouvé le niveau des deux premiers. Depuis, à part quelques apparitions dans Super Smash Bros. Ultimate, silence radio.

Pourquoi un retour ferait sens aujourd’hui ?

Les fans réclament une suite depuis des années, et ce n’est pas juste de la nostalgie. Golden Sun avait une vraie lecture du pouvoir, de la morale et des conséquences de l’action, avec deux groupes de personnages qui existaient au-delà de leurs archétypes.

Un remake, ou mieux, une réinvention fusionnant les deux premiers jeux en une seule aventure, aurait du sens. Une suite complète aussi, en repartant après les trois épisodes pour montrer comment le monde a changé. Bon, encore faut-il que Nintendo s’en souvienne. Ce serait déjà un bon début.

CodexZéro

Spécialiste Pop Culture

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