Après vingt ans d’attente, Sega relance enfin Crazy Taxi avec un épisode qui garde le chaos d’origine, tout en ouvrant bien plus le terrain de jeu.
En bref
- Crazy Taxi: World Tour marque le véritable comeback de la série après près de vingt ans d’absence sur consoles.
- La conduite nerveuse et chaotique reste intacte, tandis que le jeu adopte un vaste monde ouvert rempli d’activités.
- Entre nostalgie, exploration et fun immédiat, Sega semble vouloir séduire autant les anciens fans que les nouveaux joueurs.
Vingt ans, c’est long pour laisser une licence culte au garage. Sega remet enfin Crazy Taxi sur la route avec World Tour, premier vrai retour de la série depuis une longue traversée du désert où il n’y avait plus que des déclinaisons mobiles depuis 2007. Et vu la démo jouable montrée récemment, l’éditeur japonais n’a pas choisi la voie du reboot tiède. Tant mieux.
Un comeback que Sega ne pouvait plus rater
Au tournant des années 2000, Crazy Taxi faisait partie des valeurs sûres de Sega. D’abord en arcade, puis sur consoles, avec une idée toute simple et toujours efficace, traverser de grandes villes, embarquer des passagers et les déposer le plus vite possible. Le tout dans un joyeux bordel, à coups de sauts improbables, de chocs contre la circulation et de conduite volontairement absurde.
Mais la série s’est presque évaporée du paysage. Du coup, ce nouvel épisode avait une vraie pression sur les épaules, pas juste celle de flatter la nostalgie. Il devait prouver que la formule pouvait encore vivre aujourd’hui.
La conduite retrouve ce qui faisait la série
La bonne nouvelle, c’est que le cœur du jeu semble intact. La démo balance le joueur dans un grand sandbox rempli de passagers potentiels et de défis, avec ce rythme nerveux qui a toujours fait la force de la franchise. Ça va vite. Très vite.
Les sensations de conduite paraissent plus fines qu’avant, avec davantage de fluidité dans les courbes, les drifts à rallonge et les sauts depuis des falaises. Résultat, chaque mouvement garde cette folie très Crazy Taxi, mais sans donner l’impression de subir la voiture. Même les impacts ont du poids. Le jeu reste léger, jamais flottant, et c’est exactement ce qu’il fallait préserver.
Le vieux concept s’ouvre enfin en grand
Là où Crazy Taxi: World Tour change vraiment la donne, c’est dans sa structure. Les anciens épisodes reposaient surtout sur une boucle très cadrée, prendre un client, le déposer avant la fin du chrono, recommencer. Ici, ce principe existe toujours, sauf qu’il ne ferme plus la partie. Transporter un passager sert surtout à gagner de l’argent rapidement et à progresser, pendant que le reste du monde reste ouvert.
La démo se déroule dans une ville inspirée de l’Allemagne et une zone montagneuse voisine. En explorant, on tombe sur des missions plus variées, une course sur l’autoroute contre un conducteur marié à sa voiture, une chasse aux easter eggs avec des types déguisés en lapins, ou encore un cascadeur à projeter dans la ville grâce à un bon saut depuis une falaise. Bref, Sega ne s’est pas contenté de repeindre l’ancien jeu.
Pourquoi ce nouvel épisode peut parler à plus que les nostalgiques ?
Le plus malin, c’est que ce grand bac à sable donne de vraies raisons d’explorer et de s’améliorer au volant. Avec une voiture presque indestructible, le jeu encourage à tenter n’importe quoi, foncer dans la circulation, plonger d’une falaise, drifter en pleine rue. Le tout porté par une bande-son très chargée et des graphismes colorés qui assument le spectacle.
Pour les anciens fans, ça ressemble à un vrai retour en forme. Pour les autres, l’argument est encore plus simple, le fun cinétique et chaotique du jeu suffit à lui seul.