Cinq ans après, Cyberpunk 2077 fascine encore… mais autrement

Image d'illustration. Cyberpunk 2077CD Projekt RED / PR-ADN
Un jeu à la fois flamboyant et accidenté, devenu symbole d’une ambition mal maîtrisée.
Tl;dr
- Malgré un engouement immense, Cyberpunk 2077 sort dans un état catastrophique sur consoles, entraînant retraits, remboursements et critiques massives.
- Grâce à de nombreux correctifs, à l’arrivée des versions nouvelle génération et à l’extension Phantom Liberty, le jeu de CD Projekt RED finit par s’approcher de la vision promise.
- L’expérience est aujourd’hui solide et immersive, mais reste entachée d’imperfections qui l’empêchent d’atteindre le statut de chef-d’œuvre annoncé.
Un lancement sous haute tension et un engouement immense
Rarement un jeu vidéo aura suscité autant d’attentes que Cyberpunk 2077. Dévoilé dès 2012, il cristallisait tous les espoirs depuis le succès éclatant de The Witcher 3. Porté par la promesse d’un univers dystopique à explorer et la présence remarquée de Keanu Reeves, le titre s’appuyait également sur l’expertise du créateur du jeu de rôle papier, Mike Pondsmith, impliqué en tant que consultant. Cette ambition s’est traduite par une attente frénétique – huit millions de précommandes – et une surveillance médiatique constante.
Débâcle technique : quand l’attente vire au cauchemar
À sa sortie le 10 décembre 2020 sur PS4, Xbox One, PC et Google Stadia, l’engouement laisse rapidement place à la consternation. Si la version PC séduit par son esthétique et sa narration, le choc est brutal côté consoles. Sur PS4 et Xbox One, l’expérience se transforme en calvaire : bugs omniprésents, performances désastreuses… La situation dégénère au point que Sony retire Cyberpunk 2077 du PlayStation Store durant six mois et rembourse les clients. Sur Xbox One, un avertissement officiel accompagne même la fiche produit. L’onde de choc entraîne une action collective contre CD Projekt RED, accusé d’avoir masqué l’état réel du titre.
Rédemption progressive : des correctifs salvateurs mais…
Face à la crise, le co-directeur général Marcin Iwiński endosse publiquement la responsabilité, épargnant ainsi ses équipes. Un vaste chantier de correctifs débute alors pour rendre justice à la vision originelle de Cyberpunk 2077. La transition vers les consoles nouvelle génération (PS5 et Xbox Series XIS) apporte un second souffle grâce à des capacités techniques plus adaptées. L’extension Phantom Liberty, avec Idris Elba en tête d’affiche, vient également enrichir l’aventure, tandis que des mises à jour successives réparent peu à peu les dégâts initiaux.
Pour mieux saisir ce retournement, quelques points forts ressortent souvent dans les retours joueurs :
- Mondialisation immersive : Night City fascine par sa densité narrative.
- Système de choix : L’autonomie laissée au joueur renforce l’engagement.
- Mécaniques RPG : Progression flexible mais parfois alourdie par des systèmes complexes.
Un bilan nuancé pour un blockbuster imparfait
Aujourd’hui, difficile de nier que Cyberpunk 2077 a largement redoré son blason. Pourtant, malgré une expérience enrichie et enfin stable sur consoles modernes, le jeu ne parvient pas à égaler certains titres contemporains comme Baldur’s Gate 3 ou Hades. Son récit captivant et ses combats nerveux font mouche ; toutefois, des choix discutables — missions secondaires inégales, conduite perfectible ou encore une critique sociétale superficielle — nuisent à l’ensemble.
En définitive, si vous n’avez jamais franchi les portes de Night City, le voyage vaut aujourd’hui la peine. Mais malgré sa réussite tardive, difficile d’y voir ce « classique instantané » espéré lors de son annonce tonitruante.
