Ce GTA au Japon que Rockstar Games n’a jamais osé sortir

Image d'illustration. Rockstar GamesRockstar Games / PR-ADN
Parmi les projets avortés du studio américain Rockstar Games, GTA: Tokyo occupe une place à part.
Tl;dr
- GTA: Tokyo a été un projet concrètement envisagé, au point qu’une marque a été déposée et qu’un studio japonais devait adapter le moteur existant.
- Malgré son avancée, le projet a été abandonné, Rockstar Games estimant que le cadre japonais limitait la liberté et l’esprit de la franchise.
- L’Amérique s’est finalement imposée comme un choix plus sûr, tant sur le plan créatif que commercial, reléguant GTA: Tokyo au rang de projet avorté.
Des horizons internationaux longtemps évoqués
La franchise Grand Theft Auto, véritable satire de la société américaine depuis ses débuts, n’a pourtant jamais réellement quitté le territoire des États-Unis. Certes, une incursion londonienne fut tentée à l’ère de la 2D, mais l’essence même de la série semble intimement liée à l’Amérique, à ses excès et à ses contradictions. Pourtant, en coulisses, l’idée d’un épisode international a longtemps circulé. À la faveur d’une récente interview accordée à GamesHub, un ancien pilier de Rockstar Games, Obbe Vermeji, lève le voile sur des réflexions inédites.
Des pistes sérieusement explorées
Le témoignage d’Obbe Vermeji, ex-directeur technique chez Rockstar Games, confirme que plusieurs destinations hors USA furent étudiées avec un certain sérieux : « Tokyo a failli voir le jour. Un autre studio au Japon devait s’en charger, reprendre notre code et faire un GTA: Tokyo. Mais finalement, ça ne s’est pas fait ». Les villes de Rio de Janeiro, Moscou ou encore Istanbul ont également figuré sur la liste des lieux potentiels. Mais c’est surtout le projet GTA: Tokyo qui se démarque : plus qu’une simple idée griffonnée sur un tableau blanc, il avait donné lieu au dépôt d’une marque par la maison-mère Take-Two Interactive dès 2003 et devait être développé par un studio japonais à partir du moteur existant.
L’Amérique, un cadre incontournable ?
Pourquoi ces ambitions n’ont-elles jamais abouti ? Du côté de Dan Houser, cofondateur de Rockstar Games, les raisons sont autant créatives que pragmatiques : « L’Amérique offre davantage de libertés ; des lois plus strictes sur les armes et ce genre de choses font qu’un jeu GTA est moins palpitant ailleurs dans le monde ». Autrement dit : ailleurs dans le monde, le contexte légal et social impose davantage de limites narratives qui nuiraient à la formule GTA.
L’évolution technologique constante offre par ailleurs suffisamment de fraîcheur aux environnements existants pour que la question du renouvellement géographique devienne secondaire. Pour Obbe Vermeji, il y a désormais « trop d’enjeux financiers pour bouleverser radicalement la recette », citant même sur un ton léger « GTA: Bogota ou Toronto ? Ça ne fonctionnerait tout simplement pas. »
Ainsi, Rockstar Games privilégie :
- L’assurance narrative offerte par le contexte américain ;
- L’impact commercial d’une localisation familière ;
- L’inertie technologique qui permet aux anciennes villes de rester pertinentes.
Le pari trop risqué d’un GTA exotique
Tant que le modèle actuel continue de séduire et d’assurer des records de ventes mondiaux, on imagine mal les équipes prendre le risque d’un dépaysement radical pour GTA. Les fans devront donc probablement se contenter encore longtemps des paysages urbains américains que la franchise maîtrise si bien – tout en nourrissant l’espoir que, quelque part dans les cartons de Rockstar Games, sommeille encore un projet exotique prêt à surprendre.
