La suite du film d’horreur Black Phone s’apprête à marquer le genre du slasher en prenant une direction rarement explorée par ses prédécesseurs, promettant ainsi une expérience singulière pour les amateurs de sensations fortes et de frissons.
Tl;dr
- The Grabber fait un retour surprenant dans Black Phone 2, malgré sa mort dans le premier film.
- Le film mise sur l’angoisse et les cauchemars plutôt que sur de nouveaux meurtres sanglants.
- L’intrigue de Black Phone 2 explore des révélations sinistres et une tension psychologique, rompant avec les codes classiques du slasher.
Un retour inattendu pour The Grabber
La surprise est totale : The Grabber (le Faucheur / l’Attrapeur), personnage glaçant du premier opus, fait son grand retour dans Black Phone 2. Pourtant, le tueur masqué incarné par Ethan Hawke avait succombé sous les coups du jeune Finny dans le film original. Malgré cette mort apparente, l’équipe créative menée par le réalisateur Scott Derrickson et le scénariste C. Robert Cargill s’associe à nouveau avec Blumhouse Productions et Universal Pictures, offrant une suite qui bouleverse les codes habituels du genre slasher.
L’audace d’un slasher sans meurtres actuels
Dès les premiers instants, une évidence s’impose : aucun nouveau meurtre ne survient dans la chronologie présente. Un choix radical pour un film d’horreur où la montée en puissance se mesure souvent au nombre de victimes. Dans Black Phone 2, tout se joue sur un autre registre. On découvre ainsi un Finn, âgé de 17 ans, marqué par son enlèvement passé, tandis que sa sœur cadette Gwen, 15 ans, commence à recevoir des appels énigmatiques dans ses rêves via le mystérieux téléphone noir.
Cauchemars, visions et révélations macabres
Portée par ses songes inquiétants, Gwen convainc Finn de se rendre à un camp d’hiver isolé, Alpine Lake, alors qu’une tempête fait rage. Sur place — ou plutôt dans ses cauchemars — The Grabber rôde encore et sème la terreur. La tension ne retombe jamais alors que les adolescents cherchent à résoudre la disparition de trois garçons autrefois assassinés sur ce même camp. Ce n’est qu’à travers une série de flashbacks qu’on apprend la vérité : The Grabber était jadis employé à Alpine Lake et a tué ces enfants… ainsi que leur propre mère, dont la mort avait été maquillée en suicide.
S’émanciper des recettes faciles du slasher
Pour ceux qui s’attendent à une litanie de morts violentes façon Halloween Kills ou aux excès de Friday the 13th, le virage pris ici peut déconcerter. À l’image du précédent travail de Scott Derrickson sur Sinister — où l’horreur s’exprimait surtout via des images d’archives glaçantes — le duo préfère jouer avec nos nerfs plutôt qu’avec des effets sanglants à répétition. Il y a là un parti pris rare : miser sur l’atmosphère anxiogène et des révélations sinistres plutôt que de céder à la surenchère macabre habituelle du genre.
Au final, Black Phone 2 marque une rupture avec les canons du slasher contemporain, privilégiant l’angoisse psychologique et une narration retorse. Il reste à voir si ce pari audacieux continuera d’inspirer le cinéma d’horreur moderne…